Le Gabon change de braquet. Jeudi, Pékin a servi de décor à une signature discrète, lourde de sens. L’État gabonais, Eramet Comilog et Sinohydro ont paraphé une lettre d’intention. Ce texte explore l’alimentation électrique d’une future usine d’alliages de manganèse. Ainsi, le projet quitte les promesses pour entrer dans les calculs.
Cette étape prolonge le protocole du 20 juillet 2026. Selon ce cadre, l’étude des scénarios industriels vise la transformation locale du manganèse. Pourtant, rien n’avance sans énergie fiable. La faisabilité dépend donc d’un courant compétitif et disponible sur le long terme. Sans cet atout, aucune fonderie ne peut tourner durablement.
L’eau, nouvelle monnaie de l’industrie
Sinohydro, filiale de PowerChina, apporte son expertise hydroélectrique. Elle étudiera donc une ou plusieurs centrales susceptibles d’alimenter l’usine. De plus, ces ouvrages renforceraient la production nationale d’électricité. Le pays y gagnerait un double atout : une industrie alimentée et un réseau consolidé. Autrement dit, l’eau gabonaise deviendrait un véritable moteur économique.
Le calendrier reste pourtant ouvert, et aucun chantier ne démarre demain . Les parties examineront gabonaise, Eramet Comilog et Sinohydro aussi les modalités commerciales et financières d’une coopération possible. Par ailleurs, aucun engagement ferme n’existe à ce stade. Néanmoins, la méthode compte autant que la destination : on dessine d’abord la carte, on trace ensuite la route.
Un trio d’intérêts bien assorti
Chaque partenaire joue sa carte. Eramet Comilog cherche une énergie stable pour transformer son minerai sur place. En outre, Sinohydro y voit un terrain d’application de son savoir-faire. Enfin, l’État gabonais espère valoriser ses ressources avant leur exportation brute. Ce triptyque d’intérêts forme un équilibre rare, une partition à trois voix.
Le manganèse gabonais pèse lourd. Moanda abrite l’une des plus riches mines du monde, exploitée depuis 1962. La capacité annuelle atteint sept millions de tonnes. Cette puissance minière sert aujourd’hui de socle, et demain peut-être de tremplin industriel majeur. Par conséquent, transformer sur place augmenterait la valeur que le pays conserve y compris Eramet Comilog et Sinohydro .
Les défis derrière l’annonce
Une lettre d’intention n’engage pas à construire. Beaucoup de questions demeurent encore : coûts, financement, calendrier et impact environnemental. Toutefois, ces interrogations font partie du jeu entre le Gabon, Eramet Comilog et Sinohydro . Elles guideront les études techniques des prochains mois. En effet, un barrage exige des années de préparation, et une fonderie réclame une énergie constante et abordable.
Le lieu du futur site compte aussi. Le projet d’usine cible la région de Libreville, loin de Moanda. Dès lors, la localisation des centrales comptera autant que leur puissance. Le réseau de transport électrique deviendra donc un sujet central. Ainsi, chaque kilomètre de ligne pèsera aussi sur l’équation économique du projet.
Une alliance qui redessine la chaîne de valeur
Cette lettre dessine aussi un schéma de partenariat tripartite, souple et ambitieux. Un groupe minier français, un constructeur chinois et un État africain avancent ensemble. D’ailleurs, ce montage illustre la recomposition des alliances industrielles en Afrique centrale. Il montre enfin que la transformation locale passe par l’énergie avant la métallurgie.
Pour l’heure, tout reste à écrire, mais l’élan est bien là. Les études diront si les turbines feront tourner les fours. Si la réponse est positive, le Gabon passera de l’extraction à la fabrication. Il pourrait alors enfin transformer son sous-sol en une richesse durable grace à la collaboration d’Eramet Comilog et Sinohydro.







































