Le gouvernement gabonais frappe fort avec un nouveau décret. Désormais, les primes des dirigeants publics ne peuvent excéder 40 % des salaires de base. Par exemple, un directeur général d’une entreprise de catégorie A touche 4 millions de FCFA de base. Dès lors, ses primes ne dépasseront plus 1,6 million de FCFA.
C’en est donc fini des enveloppes de 10, 15 ou 20 millions. Auparavant, ces bonus triplaient les fiches de paie mensuelles. Toutefois, retirer plusieurs millions à un dirigeant crée une forte tentation. En effet, beaucoup chercheront rapidement une porte de sortie au plafonnement des salaires.
Les frais de mission, angle mort de la réforme
Le texte encadre les rémunérations, mais il ignore les déplacements. Or, un séminaire de renforcement de capacités à Paris vaut de l’or. De même, une mission de cinq jours à Kigali ou Dubaï reste lucrative. Les voyages deviennent alors un complément de revenu idéal.
Concrètement, les per diem des hauts cadres oscillent entre 200 000 et 400 000 FCFA. Par conséquent, un dirigeant peut empocher jusqu’à 2 millions de FCFA. Cette somme échappe souvent à l’impôt. Pire encore, elle arrive fréquemment en espèces.
Une semaine de voyage vaut plus qu’un mois de primes
Faisons les comptes. Une seule semaine à l’étranger peut rapporter davantage que le plafonnement des salaires mensuels des primes. Autrement dit, elle dépasse aisément les 1,6 million de FCFA autorisés. Le calcul ne s’arrête pas là.
En outre, il faut ajouter les billets en classe affaires. Leur coût varie entre 2 et 4 millions de FCFA. Enfin, les frais de représentation alourdissent encore la facture de l’entreprise. Au total, chaque déplacement pèse lourdement sur les finances publiques.
L’État face à un défi de contrôle
Pour l’État, le véritable défi commence maintenant. Sans audit rigoureux des agendas de voyage, la réforme risque de faire pschitt. De plus, les dirigeants pourraient multiplier les missions pour compenser leurs pertes.
Par ailleurs, la transparence sur les déplacements devient indispensable. Les conseils d’administration doivent justifier chaque voyage à l’étranger. Sinon, l’économie réalisée restera purement théorique. Les contribuables gabonais attendent désormais des résultats concrets.
Des millions qui risquent de s’envoler
Finalement, les millions économisés sur les primes officielles pourraient simplement s’envoler. Ils partiraient en billets d’avion et en nuits d’hôtels de luxe. Ainsi, la crédibilité du plafonnement dépendra d’un encadrement strict des missions. Sans cette vigilance, le décret restera une simple opération de communication politique.












































