Alex Euv Moutsiangou quitte brutalement la présidence de la Cour des comptes. Ce départ survient quelques jours seulement après l’annonce d’un vaste plan de recouvrement. Le montant réclamé dépasse 1700 milliards de francs CFA. Cette somme colossale correspond à des débets et des amendes accumulés depuis des années. Concrètement, elle représente l’un des plus gros contentieux financiers publics du pays.
Le Conseil supérieur de la magistrature s’est réuni le 16 septembre à Port-Gentil. Il a désigné Pamphile Moussavou Ibouanga comme nouveau premier président de l’institution. Alex Euv Moutsiangou rejoint désormais le Secrétariat permanent du CSM. Il y occupera un simple poste de conseiller technique. Ainsi, ce changement redistribue immédiatement les responsabilités au sommet de la juridiction financière.
Le mastodonte des 1700 milliards
Ce dossier titanesque repose sur des décisions rendues entre 1994 et 2022. Il compile méthodiquement près de trois décennies d’arrêts financiers accumulés. L’objectif reste limpide : récupérer les sommes dues à l’État gabonais. Plusieurs personnalités publiques et entités privées figurent parmi les débiteurs visés. De plus, certains dossiers concernent des montants individuels particulièrement élevés.
La procédure devait entrer dans une phase décisive ces prochaines semaines. Les autorités avaient envoyé des invitations formelles aux débiteurs concernés. Elles visaient à régulariser rapidement leur situation avant toute poursuite judiciaire. Toutefois, aucune sanction coercitive n’a encore été officiellement engagée à ce stade. Par conséquent, le calendrier réel du recouvrement demeure flou pour l’instant.
Une transition sans explication officielle
Le communiqué final du CSM reste étonnamment silencieux sur les motifs du remplacement. Aucun lien officiel n’est établi avec le vaste dossier financier révélé. Rien ne permet donc d’évoquer ouvertement une quelconque sanction disciplinaire. Le timing de l’annonce, cependant, alimente forcément de nombreuses interrogations légitimes. Beaucoup y voient un signal fort. En effet, peu croient à une simple coïncidence de calendrier.
Ni le CSM ni la Cour n’ont précisé l’avenir exact de l’échéancier fixé. Les montants exigés pourraient-ils être révisés sous cette nouvelle direction judiciaire ? Par ailleurs, aucune date n’a été fixée pour clarifier officiellement ce point sensible. L’incertitude persiste donc autour de ce dossier hautement stratégique pour l’État. Néanmoins, plusieurs observateurs attendent des clarifications rapides dans les prochains jours.
L’épreuve de vérité pour le nouveau président
Pamphile Moussavou Ibouanga hérite désormais d’un chantier institutionnel particulièrement lourd et sensible de la Cour des comptes. Sa mission dépasse largement le simple cadre comptable habituellement dévolu à la fonction. Il doit prouver que ces arrêts de débet ne resteront pas lettre morte. Sa crédibilité personnelle se jouera concrètement dans les tout prochains mois. Enfin, l’institution tout entière observe attentivement ses premiers pas.
Concrètement, cette réforme judiciaire doit désormais produire des résultats visibles et rapides. L’opinion publique gabonaise attend des actes forts contre l’impunité financière. Ce dossier explosif engage durablement l’image de la justice nationale toute entière, dans un climat de vigilance. Le pays tout entier observe attentivement.









































