Nairobi/Accra/Dodoma/Gaborone — Un mouvement continental prend forme à travers l’Afrique. Plusieurs gouvernements restreignent désormais l’accès des étrangers aux petites entreprises. Ils cherchent ainsi à protéger les emplois de leurs citoyens. Cette démarche vise notamment le Ghana, la Tanzanie, le Botswana et le Kenya. Le président kényan William Ruto rejoint cette dynamique régionale. Il s’aligne notamment sur la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan.
Une distinction claire entre gros et petits capitaux
Ces restrictions concernent principalement les entreprises à faible capital. Le petit commerce de détail figure parmi les secteurs visés. Les services de paiement mobile sont également concernés directement. Les salons de coiffure et la petite production entrent aussi en jeu. Pourtant, ces pays restent ouverts aux investissements étrangers plus importants. Cette tendance distingue clairement deux catégories d’investissement sur le continent. D’un côté, les grands capitaux demeurent activement recherchés partout.
Le Ghana protège fermement son commerce informel
En août, la GIPA a renforcé l’application de ses règles. « L’espace commercial informel est légalement réservé exclusivement aux citoyens ghanéens », a déclaré Simon Madjie. Ce marché reste donc totalement fermé aux capitaux étrangers. Les kiosques et marchés à ciel ouvert sont concernés. Toutefois, le Ghana accueille toujours les supermarchés étrangers formels. La ministre Elizabeth Ofosu-Agyare dénonce par ailleurs certaines pratiques locales. Selon elle, des Ghanéens servent parfois de prête-noms aux étrangers. Cette pratique fragilise, selon elle, l’efficacité réelle des mesures gouvernementales.
La Tanzanie interdit quinze activités aux non-citoyens
En juillet 2025, la Tanzanie a pris une mesure majeure. Elle interdit désormais 15 activités commerciales aux non-citoyens. Le commerce de gros et de détail est concerné. La réparation électronique et le guidage touristique le sont aussi. L’exploitation minière à petite échelle figure également sur cette liste. Seuls les supermarchés et grands centres de vente échappent à l’interdiction. Cette liste reflète une volonté claire de protéger les métiers traditionnels locaux.
Le Botswana mise sur l’autonomisation économique locale
Le Botswana protège depuis longtemps certains secteurs commerciaux nationaux. Son système de licences réserve plusieurs activités aux citoyens. Concessionnaires automobiles et salons de coiffure figurent dans cette liste. Le pays continue néanmoins de courtiser les capitaux étrangers. Il cherche ainsi à diversifier son économie diamantifère. Cette stratégie combine ouverture internationale et protection ciblée des emplois locaux.
Le Kenya durcit désormais sa réglementation
Le Kenya s’aligne aujourd’hui sur la position tanzanienne. William Ruto a ordonné l’application de mesures dès le 7 septembre. « Des commerçants étrangers sont venus vendre des couettes et autres articles », a-t-il déploré. Une loi est également en préparation à Nairobi. Elle définira précisément les secteurs réservés aux citoyens kényans. Cette réglementation s’inscrit ainsi dans une tendance régionale désormais bien établie.
Une ligne continentale de plus en plus assumée
Les politiques varient certes d’un pays à l’autre. Néanmoins, une tendance commune se dessine clairement sur le continent. Les gouvernements accueillent toujours les grands investissements étrangers. Ils protègent en revanche fermement leur petit commerce national. Cette approche traduit une volonté croissante de souveraineté économique locale. D’autres pays africains pourraient d’ailleurs suivre prochainement cette même trajectoire réglementaire. Le débat sur l’équilibre entre ouverture et protection reste donc pleinement d’actualité.










































