Le journaliste gabonais Ismaël Obiang Nze a lâché une vraie bombe sur les réseaux sociaux. Sur sa page Facebook, il confie son désenchantement face à sa propre profession. « La pratique du journalisme au Gabon commence à me dégoûter », écrit-il sans détour. Cette phrase, brève mais tranchante, a enflammé aussitôt toute la toile gabonaise et bien au-delà. Elle relance surtout un débat brûlant sur l’état réel du métier. Comme un coup de tonnerre, sa déclaration secoue toute une profession.
Pourtant, ce coup de gueule détonne avec un parcours presque sans faute. En effet, Radio Soleil a formé ce journaliste dans un Gabon économiquement fragile. Dès 2002, il rejoint la RTN, véritable tremplin vers la chaîne Tv+. Là, il gravit patiemment les échelons, du reportage jusqu’à la présentation du Journal Télévisé. Par ailleurs, il anime aussi des émissions politiques respectées, comme Afrik Hebdo et Politis. Ainsi, l’homme devient rapidement une figure incontournable du petit écran gabonais.
De Libreville à l’international, un journalisme sans concession
Par la suite, il démissionne pourtant d’un poste enviable, celui de chef du Département information. Cette décision courageuse trace déjà les contours d’une carrière guidée par l’éthique. Il s’envole ensuite vers Africable, animé par cette même exigence professionnelle. Sa trajectoire se poursuit alors, de la chaîne Medi1 jusqu’à VOA. De plus, chaque étape confirme sa discrétion et son efficacité redoutable. Aujourd’hui, il représente France 24 au Gabon, en qualité de correspondant respecté. Ce parcours impressionnant donne évidemment un poids particulier à ses mots. Son cri n’a donc rien d’un simple caprice passager. Au contraire, il résonne comme une alarme que sonne un vétéran du métier.
Une profession minée par un silence assourdissant
En effet, cette sortie éclaire les conditions réelles d’exercice du journalisme gabonais. D’ailleurs, le débat continue d’agiter la corporation, en coulisses comme en public. Toutefois, un malaise plus profond demeure tabou : la servitude volontaire de certains confrères. Personne n’ose vraiment nommer cette réalité, ce qui laisse un goût amer. Récemment encore, l’affaire de l’activiste Lanlaire a illustré ce phénomène troublant. Or, plusieurs journalistes ont alors abandonné leur collègue sanctionné sans hésiter. Certains se sont même transformés en boucliers du chef de l’État. Cette scène, presque ubuesque, résume à elle seule un malaise structurel. Elle interroge, par conséquent, la vraie fonction du quatrième pouvoir gabonais. Ce silence, savamment entretenu, freine toute réforme profonde du secteur.
Un signal d’alarme pour l’avenir des médias
Désormais, la sortie d’Ismaël Obiang Nze dépasse largement le simple fait divers. Elle pose surtout la question de l’indépendance réelle des journalistes gabonais. Par ailleurs, elle rappelle que la presse doit rester un contre-pouvoir vigilant. Néanmoins, ce coup de gueule pourrait bien devenir un tournant salutaire. En somme, chaque mot pèse comme une pierre jetée dans une mare stagnante depuis trop longtemps. Enfin, reste à savoir si toute la profession saura s’en saisir.







































