Dans une tribune libre parvenue à Gabon Mail Infos le Révérend Prophète Max Alexandre Ngoua, par ailleurs sociologue, analyse les armoiries gabonaises déformées qu’on aurait fait porter au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Lecture !
Permettez moi de prendre la parole en tant que voix inspirée par la tradition des fils d’Issacar. Le verset de 1 Chroniques 12:32 les décrit comme des hommes qui savaient discerner les temps. Ils comprenaient ainsi ce qu’Israël devait accomplir.
En effet, les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme ont publié un ouvrage marquant. Le 12 octobre 2016, ils dévoilaient « Un Président ne devrait pas dire ça… ». Ce livre révélait les secrets du quinquennat de François Hollande.
Certes, François Hollande se présentait comme un « Président normal » durant son mandat. Toutefois, il restait avant tout l’incarnation d’une institution. Certaines paroles engageaient donc directement la fonction présidentielle.
C’est dans cette logique que je m’exprime aujourd’hui. Le Chef de l’État gabonais reste un homme proche du terrain. Néanmoins, il ne devrait jamais porter des symboles qui dénaturent l’image de la République. Le Président incarne en effet une institution qui dépasse sa personne.
La manifestation d’une contrefaçon des armoiries de la République gabonaise
Dans le Gabon de la Ve République, les symboles de l’État exigent le plus grand sérieux. La Constitution reconnaît ces symboles, notamment le sceau et les armoiries. La loi détermine précisément leur forme.
Le 15 juillet 1963, le Gabon a adopté ses armoiries officielles. L’héraldiste suisse Louis Mühlemann les a dessinées avec soin. Elles comportent un écu où navigue un navire arborant le drapeau national. Deux panthères noires soutiennent cet écu, posé sur un tronc d’okoumé. La devise nationale « Union, Travail, Justice » accompagne l’ensemble.
Les principaux éléments des armoiries
L’écu central représente un navire voguant sur une mer bleue. Ce symbole illustre un Gabon résolument tourné vers l’avenir. Sa partie supérieure verte affiche trois besants d’or. Ces besants représentent les richesses minières du pays.
Par ailleurs, deux panthères noires soutiennent fièrement l’écu. Elles symbolisent la force, le courage et la vigilance nationale. De même, elles incarnent la protection de la Nation tout entière.
Le tronc d’okoumé rappelle quant à lui l’importance de la forêt gabonaise. Un ruban porte enfin la devise « Union, Travail, Justice ».
Comme le souligne Amos Mintsa dans son ouvrage de 2024, ces symboles construisent l’identité nationale. Ils renforcent également l’unité du peuple gabonais.
Une représentation qui interroge
Or, quelles armoiries porte réellement le Président de la République ? Au nom de la rigueur institutionnelle, une question légitime se pose ici. Une représentation semble en effet s’écarter des armoiries officielles. Cet écart devient particulièrement problématique lorsqu’on l’exhibe à l’étranger.
On y observe une carte du Gabon en arrière-plan. Un écu occupe le centre de cette composition. Les panthères, elles, semblent avoir quitté leur position traditionnelle.
Cette représentation ne correspond donc pas aux armoiries officielles. Le général de Gaulle qualifiait autrefois l’ONU de « machin ». De la même façon, cette création graphique ne remplace pas un symbole officiel.
Ainsi, il conviendrait de clarifier rapidement cette confusion. Cette clarification éviterait d’induire le Président en erreur. Elle protégerait également les emblèmes de la Nation.
Une lecture symbolique
À supposer qu’il ne s’agisse pas d’une simple erreur graphique, une portée symbolique pourrait alors se dessiner.
L’absence des panthères à leur poste de sentinelles
Les panthères représentent traditionnellement la vigilance et la protection de l’État. Leur déplacement soudain interpelle donc l’observateur attentif. Il pourrait symboliquement évoquer une fragilisation de la Nation. Cette fragilisation toucherait sa capacité à protéger ses intérêts stratégiques.
Les panthères tournées vers l’extérieur
De plus, les panthères semblent tourner le dos à la carte du Gabon. Certains pourraient y lire un signe de désolidarisation. D’autres y verraient une rupture avec leur mission première. Une telle lecture ne devrait cependant jamais concerner les emblèmes nationaux.
Pourquoi ce symbole est-il porté dans le dos du Président plutôt que sur sa poitrine ?
Dans la tradition biblique, tourner le dos à l’ennemi symbolise la défaite. Josué s’exclamait ainsi : « Que dirai-je, Seigneur, après qu’Israël a tourné le dos ? » (Josué 7:8).
Sans établir de lien direct, cette référence garde toute sa force. Elle rappelle que les symboles méritent une vigilance constante.
Le Président de la République dépasse largement sa seule personne. Il incarne l’État, les institutions et la souveraineté nationale. Par conséquent, chacun de ses actes engage l’image de la République entière. Chacune de ses apparitions porte également ce poids symbolique.
C’est pourquoi j’appelle son entourage à la vigilance. Les symboles de l’État ne tolèrent aucune approximation. Ils ne tolèrent ni improvisation ni altération.
Le mandat présidentiel dure plusieurs années. La protection de l’image nationale doit donc rester une exigence permanente.
Que Dieu bénisse le Gabon. Que Dieu bénisse son Président.
Rev. Prophète
Max Alexandre NGOUA
Sociologue
Commandeur dans l’Ordre National du Mérite
Aumônier international et juge de Paix
Coordinateur Général de l’OCP











































