Libreville, le 11 juin 2026. Les révélations portées par le Syndicat des Débrouillards du Gabon (SDG) interpellent les autorités. L’ONG Solidarité pour le Développement du Gabon (ONG-SDG) appuie également ces démarches judiciaires. Ces signalements dépassent largement la simple contestation de taxes municipales. Ils soulèvent une question fondamentale sur la gouvernance des recettes publiques locales. Effectivement, l’efficacité des contrôles internes à Libreville est désormais questionnée.
Des sommes modestes, un enjeu considérable
Derrière les 1 000 ou 2 000 francs CFA réclamés quotidiennement aux commerçants se cache un enjeu majeur au marché Mont-Bouët. Il s’agit avant tout de la traçabilité de l’argent public. Dans tout État moderne, la légitimité de l’impôt repose sur un principe simple. Chaque franc perçu doit être identifiable, comptabilisé et retracé. Ainsi, la transparence ne constitue pas une faveur accordée aux contribuables. Au contraire, elle représente une obligation légale imposée à l’administration. C’est précisément sur ce terrain que se situe la controverse actuelle.
Vers une enquête des institutions de contrôle
Si les allégations des organisations requérantes se confirmaient, elles entraîneraient de lourdes conséquences. Les organisations requérantes sollicitent la Cour des comptes, l’ANIF, la DGSS et le parquet général pour examiner ces faits au marché de Mont-Bouët. Dès lors, il ne s’agirait plus d’une simple irrégularité administrative. La question deviendrait celle de la protection des ressources publiques. Par ailleurs, le respect des règles de comptabilité publique serait directement en cause. L’affaire interpelle d’autant plus que les marchés municipaux représentent une source essentielle de recettes locales. Or, dans un contexte de demande d’autonomie financière accrue, chaque franc compte stratégiquement.
Des infrastructures urbaines en suspens
Comment améliorer l’éclairage public sans ressources suffisantes ? De même, comment entretenir les voiries ou assainir les quartiers ? Si une partie des recettes échappe aux circuits officiels, ces missions restent compromises. Cette question mérite donc d’être posée sans détour. Par ailleurs, l’affaire soulève également la question du contrôle interne municipal. Si des pratiques irrégulières perduraient depuis des années, plusieurs interrogations surgissent. Quels mécanismes de vérification ont réellement été appliqués aux marchés de la capitale? Quels rapports d’audit ont été produits jusqu’ici ? Les citoyens attendent légitimement des réponses claires à ces questions.
Eugène Mba face à un test de gouvernance
Pour le maire de Libreville, cette affaire représente un test majeur. Depuis sa prise de fonctions, Eugène Mba affiche sa volonté de restaurer l’autorité municipale. De plus, il souhaite assainir la gestion communale durablement. Le dossier du marché Mont-Bouët lui offre une occasion concrète. Ainsi, il pourrait démontrer que la transparence s’applique aussi à l’administration elle-même. Au fond, les commerçants ne réclament pas l’exonération de leurs obligations fiscales. Ils demandent que les bénéficiaires perçoivent les sommes versées dans le strict respect de la légalité. De même, ils exigent que les services compétents enregistrent régulièrement ces fonds et les affectent conformément à leur destination..
Un enjeu de confiance pour les institutions locales
L’enjeu dépasse donc largement les allées du marché Mont-Bouët. En effet, il touche à la crédibilité des institutions locales. Également, il concerne la confiance entre administrés et autorités. Enfin, il interroge la capacité des collectivités à gérer leurs ressources. Dans cette affaire, seule une enquête rigoureuse distinguera les soupçons des faits établis. Toutefois, une certitude demeure déjà acquise. Lorsqu’il s’agit d’argent public, la transparence n’est jamais une option. Elle constitue une exigence républicaine incontournable. Comme le dit un proverbe de Lambaréné : « Lorsque la pirogue prend l’eau, ce n’est pas le fleuve qu’il faut accuser, mais les fissures que l’on a refusé de voir. »


























