Le rapport annuel 2025 de l’OMS-Gabon vient de briser une certitude officielle solidement entretenue. La CNAMGS, présentée comme un bouclier sanitaire national, faillit à sa mission fondamentale. Ainsi, l’institution sanitaire internationale la plus légitime au monde signe un constat d’échec structurel. Par ailleurs, trois Gabonais sur quatre sont officiellement assurés selon les chiffres gouvernementaux. En outre, aucun d’entre eux ne bénéficie d’une protection sanitaire réelle et complète. La carte CNAMGS en poche, c’est un ticket d’entrée dans un système incapable de prendre en charge correctement ses assurés.
En effet, le rapport OMS est sans ambiguïté sur ce point central et accablant. La CNAMGS «ne permet pas aux 76 % de la population enregistrée de bénéficier de services de santé complets de qualité». Autrement dit, des centaines de milliers de Gabonais détiennent une carte qui ne leur ouvre pas l’accès effectif aux soins. De plus, ruptures de médicaments, plateaux techniques insuffisants et délais de remboursement décourageants constituent leur réalité quotidienne. Dès lors, le taux de couverture de 76 % régulièrement brandi dans les enceintes officielles devient le meilleur masque des défaillances systémiques. La couverture existe sur le papier, mais la protection sanitaire réelle, elle, est inexistante.
Un système hospitalo-centré qui aggrave les inégalités et épuise les ressources de la caisse
Par ailleurs, le rapport OMS pointe un défaut de conception bien plus profond que les simples dysfonctionnements administratifs. Le système de santé gabonais reste «largement orienté vers les soins curatifs spécialisés» au détriment de la prévention. Ainsi, la CNAMGS fonctionne comme un miroir grossissant de cette distorsion structurelle fondamentale. Cependant, elle prend en charge imparfaitement ce qui se passe à l’hôpital et néglige ce qui permettrait d’y éviter. En outre, les maladies non transmissibles représentent désormais près de 45 % des décès sur le territoire national. Hypertension, diabète et cancers sont précisément les pathologies que la prévention permettrait de contenir efficacement.
Le résultat produit une équation absurde et coûteuse pour tout le système sanitaire gabonais. Plus le système est défaillant en amont, plus la caisse est sollicitée en aval. Finalement, ses ressources s’épuisent sans produire l’effet de protection attendu par les assurés. Ainsi, la CNAMGS prend en charge ces pathologies trop tard et trop partiellement dans son fonctionnement actuel. De plus, les populations les plus vulnérables paient le prix fort de cette désorganisation chronique et non corrigée. L’équité sanitaire promise par la CNAMGS demeure une promesse sans lendemain concret pour des millions de Gabonais.
Réforme d’urgence recommandée par l’OMS : pourquoi la volonté politique fait encore défaut ?
Finalement, l’OMS ne se contente pas de diagnostiquer les défaillances de la CNAMGS gabonaise. Elle préconise une réforme d’urgence articulée autour de trois axes prioritaires et précis. Par ailleurs, la mise en commun des fonds, l’achat stratégique des services et la protection financière réelle sont recommandés. En outre, ces recommandations ont été intégrées à la matrice de progrès élaborée conjointement avec le gouvernement gabonais. Si le diagnostic est partagé et la feuille de route existante, pourquoi la réforme n’a-t-elle pas de calendrier public ? Dès lors, l’absence de porteur politique clairement désigné et de budget alloué interroge profondément les observateurs.
En définitive, le taux de 76 % permet aux décideurs de se prémunir contre la critique politique. Cependant, il protège les décideurs bien plus efficacement qu’il ne protège les assurés gabonais eux-mêmes. Le président de la République a fait de la santé une priorité nationale affichée. Inscrire la réforme de la CNAMGS dans le Plan national de croissance et de développement 2026-2030 constitue un premier signal. Ainsi, le transformer en actes mesurables dans des délais crédibles reste le seul test qui vaille réellement.
























