Depuis samedi, la commune d’Owendo vit l’une des plus longues coupures d’électricité de ces derniers mois. Un incendie survenu dans un poste source aurait provoqué l’arrêt brutal de l’alimentation dans toute la commune. Bikélé et plusieurs quartiers environnants sont également touchés. Ainsi, c’est une crise technique qui déborde rapidement sur une crise de confiance entre la SEEG et les usagers.
La SEEG muette face à l’urgence
Dès les premières heures, la SEEG a indiqué que ses équipes étaient à pied d’œuvre pour rétablir le réseau. Pourtant, plus de 24 heures après la troisième coupure enregistrée samedi à 14 h, Owendo reste plongée dans le noir. Aucune estimation officielle, aucun communiqué détaillé, aucune explication sur l’ampleur des dégâts. « On parle d’un transfo qui a brûlé, mais personne ne nous dit ce qui se passe réellement », déplore une habitante excédée. Par conséquent, les spéculations remplacent l’information officielle.
Des habitants poussés à bout
Dans les quartiers, la colère monte et les témoignages s’accumulent. Une résidente raconte avoir payé un taxi, consommé dans une station-service et parcouru plusieurs kilomètres jusqu’à Awendjé pour recharger son téléphone. « Est-ce qu’on mendie l’électricité dans ce pays ou bien ? », lâche-t-elle, amère. De même, une mère de famille confie avoir passé la nuit dans une chaleur étouffante, sans ventilation, sans lumière, sans la moindre information. Le quotidien d’Owendo est devenu absurde.
Des doutes sur la surveillance du réseau
Pour beaucoup, l’incendie annoncé ne suffit pas à expliquer l’ampleur de la panne. « Un feu qui se propage tranquillement dans un poste source, comme s’il n’y avait aucune équipe de veille… ce n’est pas sérieux », s’indigne un riverain. La SEEG affirme qu’il ne s’agit pas d’un sabotage. Néanmoins, l’absence de détails techniques nourrit les spéculations et renforce une défiance déjà bien installée chez les usagers.
Une commune paralysée, une question qui persiste
Dans les rues d’Owendo, le blackout est total. Les commerces tournent au ralenti, les denrées périssent, les activités sont paralysées. Au-delà de l’incident, cette panne révèle la fragilité persistante du réseau électrique gabonais et le sentiment d’abandon ressenti par les populations. Une question revient, lancinante : comment un poste stratégique peut-il brûler au point de plonger une commune entière dans l’obscurité pendant plus d’une journée ? Owendo attend le courant. Elle attend surtout des explications.


























