Libreville accueille ce vendredi 17 avril 2026 un rendez-vous continental majeur, qui pourrait marquer un tournant dans la coopération africaine en matière de droits des femmes. À l’occasion du lancement national de la campagne de l’Organisation des premières dames d’Afrique pour le développement (OPDAD), la capitale gabonaise devient l’un des épicentres du plaidoyer en faveur de l’autonomisation féminine, dans un contexte où les crises climatiques et sécuritaires redéfinissent les priorités du continent.
La cérémonie, organisée au Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba, se déroule sous le haut patronage du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, et en présence de la première Dame, Zita Oligui Nguema.
Le choix de la Journée nationale de la femme pour ce lancement renforce la dimension symbolique de l’événement : il s’agit d’affirmer que la question féminine n’est plus un sujet périphérique, mais un enjeu central des politiques publiques.
Six Premières Dames ont répondu à l’invitation du Gabon, représentant la Sierra Leone, l’Angola, le Sénégal, le Burundi, la Centrafrique et São Tomé-et-Príncipe.
Leur présence témoigne d’une volonté commune de renforcer la coopération interétatique sur les questions de genre, dans un contexte où les femmes sont souvent en première ligne face aux crises.
Le thème retenu pour la période 2025-2027 « Renforcer la résilience des femmes et des jeunes filles face aux changements climatiques et aux conflits » illustre cette urgence. Il s’agit de reconnaître que les femmes ne sont pas seulement des victimes des crises, mais aussi des actrices essentielles de la stabilité sociale et de la reconstruction.
La Première Dame du Gabon présentera le programme ÉQUILIBRES 2026-2029, une initiative ambitieuse articulée autour de trois axes :
prévenir les ruptures au sein des familles,
garantir la continuité des soins,
accompagner la reconstruction des trajectoires de vie.
Ce programme s’inscrit dans une logique de long terme : il vise à renforcer la cohésion sociale en s’attaquant aux vulnérabilités structurelles qui touchent les femmes, notamment dans les zones rurales et périurbaines.
Il marque également une volonté de repositionner le Gabon comme un acteur moteur dans les politiques sociales africaines.
Au-delà de la cérémonie officielle, le sommet donnera lieu à plusieurs panels réunissant experts, institutions, organisations locales et femmes leaders.
Ces échanges permettront d’aborder des thématiques clés : accès aux soins, autonomisation économique, lutte contre les violences, adaptation climatique, éducation des jeunes filles.
L’objectif est clair : faire émerger des solutions opérationnelles, adaptées aux réalités gabonaises mais transposables à d’autres pays africains.
En marge des travaux, un doctorat Honoris Causa sera décerné à la première Dame du Gabon, en hommage à son engagement dans les domaines social, sanitaire et humanitaire.
Cette distinction vient consacrer une figure devenue centrale dans la diplomatie sociale gabonaise.
En accueillant ce sommet, le Gabon envoie un message clair : l’avenir du continent ne pourra se construire sans une participation pleine et entière des femmes.
Dans un contexte de recomposition politique et climatique, l’émancipation féminine apparaît non seulement comme un impératif moral, mais aussi comme un levier stratégique pour la résilience africaine.
Il est temps de bâtir un continent où les femmes ne sont plus en marge des décisions, mais au cœur des transformations.


























