Le 15 avril 2026, Libreville a accueilli la troisième édition du Forum UK-Gabon Trade and Investment au Nomad. L’événement a réuni décideurs publics, investisseurs privés et acteurs économiques britanniques et gabonais autour d’un constat partagé : la transformation numérique n’est plus une option, c’est une condition de compétitivité nationale.
Le Gabon y a pris la parole avec une clarté inhabituelle, en plaçant le digital au centre de son projet de développement et de sa stratégie d’attractivité internationale.
L’ANINF, bras armé de la modernisation de l’État
C’est Alberto Wenceslas Mounguengui Moudoki, directeur général de l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF), qui a porté la position gabonaise devant l’auditoire. L’ANINF, placée sous la tutelle du ministère de l’Économie Numérique et de l’Innovation, est l’opérateur central de la transformation digitale de l’État gabonais depuis le tournant opéré sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema.
Selon lui, la compétitivité des nations repose désormais sur trois capacités fondamentales : contrôler ses infrastructures, protéger ses données, moderniser durablement ses services publics. Une vision qui positionne le numérique non comme un secteur parmi d’autres, mais comme une infrastructure de puissance.

Quatre piliers pour une souveraineté numérique assumée
L’ANINF a structuré sa présentation autour de quatre axes complémentaires : gouvernance et régulation, montée en compétences des ressources humaines, renforcement des capacités opérationnelles et coopération internationale. Ensemble, ces piliers dessinent une approche volontairement systémique, visant à éviter la dépendance technologique tout en accélérant la performance administrative.
Ce cadre s’appuie sur la loi 037, référence législative qui encadre la digitalisation au Gabon et impose des obligations précises aux administrations. Pour les partenaires étrangers, cette base réglementaire constitue un signal de lisibilité et de fiabilité.
Un marché ouvert, des besoins précis

Le forum a également permis de cartographier les secteurs prioritaires ouverts aux investisseurs : santé, éducation, finances publiques, énergie, hydrocarbures et administration territoriale. Autant de chantiers où les entreprises britanniques pourraient apporter solutions technologiques, financements et expertise sectorielle.
Sur le plan opérationnel, l’ANINF a identifié des urgences immédiates : développement de la connectivité, déploiement de centres de données souverains, interopérabilité des systèmes d’information, renforcement de la cybersécurité et dématérialisation des services publics.
Un message aux investisseurs : la crédibilité avant tout
Le directeur général de l’ANINF a conclu son intervention en soulignant que le Gabon dispose aujourd’hui d’une vision documentée, d’un cadre réglementaire solide et d’une méthode cohérente pour bâtir des partenariats durables. Ce triptyque, cap, cadre, méthode, est précisément ce que recherchent les investisseurs institutionnels avant de s’engager dans un marché émergent.
Le Forum UK-Gabon 2026 marque ainsi une étape dans le repositionnement international du pays : celui d’un État post-transition qui ne cherche plus seulement à rassurer, mais à convaincre.


























