Libreville, le 23 mars 2026 — Il trône, imposant et silencieux, comme une promesse suspendue dans le temps. Le Centre de formation aux métiers du transport et de la logistique d’Akanda, inauguré en 2015 en présence du souverain marocain Mohammed VI et des autorités gabonaises de l’époque, devait incarner un tournant stratégique pour le développement des compétences dans un secteur clé. Plus d’une décennie plus tard, ce qui devait être un levier d’excellence demeure pourtant à l’arrêt, clos et sans activité.
D’une superficie de 4 600 m², cette infrastructure moderne avait vocation à former une nouvelle génération de techniciens et de cadres dans les domaines du transport et de la logistique, secteurs essentiels pour un pays aspirant à devenir un hub régional. Mais entre ambition affichée et réalité opérationnelle, le contraste est aujourd’hui saisissant.
Car au-delà du cas spécifique de ce centre, c’est toute une problématique structurelle qui se dessine : celle des projets conçus avec éclat, mais laissés en suspens faute de mise en œuvre effective. Le Centre Mohammed VI d’Akanda apparaît ainsi comme le symbole d’une planification parfois déconnectée des exigences de suivi, de gouvernance et de viabilité.
Comment expliquer qu’un tel investissement, porté au plus haut niveau de coopération bilatérale, n’ait jamais été pleinement opérationnalisé ? Les hypothèses sont multiples : absence de modèle de gestion clair, difficultés de coordination entre institutions, ou encore défaut d’anticipation des besoins en ressources humaines et financières nécessaires à son fonctionnement.
Pendant ce temps, les besoins, eux, n’ont cessé de croître. Dans un contexte de transformation économique, où la logistique constitue un maillon stratégique de la compétitivité nationale, l’inactivité de ce centre représente une opportunité manquée, voire un manque à gagner pour toute une génération en quête de formation qualifiante.
À l’heure où les autorités affichent une volonté renouvelée de rationaliser les investissements publics et de maximiser l’impact des infrastructures existantes, la relance de ce centre pourrait constituer un signal fort. Encore faudrait-il qu’elle s’accompagne d’une approche rigoureuse, fondée sur la transparence, la responsabilité et une vision claire des objectifs à atteindre.
En définitive, le Centre de formation d’Akanda ne pose pas seulement la question de son ouverture. Il interroge plus profondément la capacité à transformer des projets structurants en réalités tangibles. Car une infrastructure, aussi moderne soit-elle, n’a de valeur que si elle vit, forme et produit des résultats.

























