La Chambre basse du Parlement, l’Assemblée nationale, a voté ce vendredi 25 juin 2021 le texte instituant le nouveau Code du travail gabonais malgré les insuffisances justifiées par les centrales syndicales. Désormais, le Sénat devrait emboîter le pas.
Les organisations syndicales représentant les travailleurs des secteurs des mines, du pétrole, des banques, de l’eau et de l’électricité, de la logistique portuaire, du bois, du chemin de fer et l’ensemble des autres secteurs couverts par la Confédération syndicale gabonaise (Cosyga), ont dénoncé ce nouveau Code du travail durant un point de presse le dimanche 19 juin dernier.
Ainsi, selon le rapporteur des signataires, Aude Lætitia Mapenda, « nous tenons à préciser que la mouture adoptée par le gouvernement puis transmis au Parlement n’est pas le fruit d’un consensus entre les partenaires sociaux comme annoncé, mais plutôt l’expression de la volonté unilatérale du ministère du Travail, qui est même allé à l’encontre des points d’accord entre le groupe d’employeur et le groupe travailleur ».
Pour enfoncer le clou elle avait ajouté que « ce code n’apporte pas une plus-value aux conditions des salariés, au contraire, ils voient leurs droits reculer et leurs libertés aliénées. Diminution des droits de la femme allaitante dans une société qui prône la Décennie de la femme. La fragilisation et la mise en précarité des travailleurs. La non-protection des salariés pendant les grèves. La mise à mal du droit des syndicats ».
Cette sortie avait surpris le ministre de l’Emploi, de la Fonction Publique, du Travail et de la Formation Professionnelle, Madeleine Berre. Elle s’est démenée tant bien que mal sans convaincre. C’est ainsi qu’elle déclara que «la version du Code du travail a fait l’objet de la plus large concertation jamais réalisée pour une réforme sociale, et ce dans l’esprit de la convention n°144 de l’OIT».
Elle avait reçu dans ses efforts à se défendre le soutien de la présidente du Sénat Lucie Milebou-Aubusson épse Mboussou. Elle avait alors dit que le nouveau Code du travail vise à «renforcer les principes de protections des droits de travailleurs, ouvrir le marché du travail formel à de nouvelles catégories de travail, protéger le travailleur de la précarité, codifier le télétravail, créer des contrats flexibles, consacrer le dialogue social et codifier l’exécution du service minimum obligatoire».
Ce qui ressemblait à une « guerre de tranchées » a fini par enregistrer une victoire du gouvernement car le vote de l’Assemblée nationale en est une preuve. Ce qui est sûr ce que le Sénat finira par voter en des termes identiques le texte qui leur est soumis sauf coup de tonnerre.











































