Trente-quatre ans. C’est la durée d’un règne parlementaire que le Cameroun vient officiellement de refermer. L’Assemblée nationale camerounaise a élu ce mardi Théodore Datouo à sa présidence, en remplacement de Cavaye Yéguié Djibril, 86 ans, inamovible locataire du perchoir depuis 1992. Un changement de garde qui, dans un pays habitué à la longévité de ses élites, revêt une portée symbolique considérable.
133 voix sur 147 : un plébiscite sans surprise
Théodore Datouo, 66 ans, député de la région de l’Ouest et ancien vice-président de l’Assemblée, a recueilli 133 voix sur 147 votants, soit un score de 90,47 %. Un résultat sans surprise dans une chambre largement dominée par le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le parti du président Paul Biya, au pouvoir depuis 1982. La majorité présidentielle a simplement désigné son successeur et l’hémicycle a suivi.
Un prédécesseur au crépuscule de sa carrière
Cavaye Yéguié Djibril avait été élu député dans le Nord du pays dès 1973, à l’époque du parti unique. Trente-deux ans plus tard, lors de l’unique meeting de campagne de Paul Biya en octobre 2025, il s’était illustré par un discours bafouillé devant le public, alimentant les rumeurs sur son état de santé et accélérant les spéculations sur une succession imminente.
Le Sénat dans l’attente : Marcel Niat Njifenji, 91 ans, visé par la tradition
L’arrivée d’une personnalité originaire d’une autre région à la tête de la chambre basse appelle, selon une tradition longtemps établie au Cameroun, le remplacement du président du Sénat. Marcel Niat Njifenji, 91 ans, sénateur de la région de l’Ouest, serait ainsi le prochain concerné par ce mouvement de renouvellement institutionnel. Le Cameroun tourne une page. Lentement, mais sûrement.

























