L’affaire est loin d’être close. Ce lundi 16 mars 2026, le parti Ensemble Pour le Gabon (EPG), conduit par l’ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie-By-Nze, a annoncé son intention d’interjeter appel de la décision du Tribunal de première instance de Libreville. La juridiction s’était déclarée incompétente pour statuer sur la suspension des réseaux sociaux ordonnée par la Haute Autorité de la Communication (HAC) le 17 février dernier. Un revers de procédure que l’opposition refuse d’accepter comme un verdict définitif. Pour l’EPG, la partie ne fait que commencer.
Une incompétence judiciaire qui ne clôt pas le débat de fond
Quelques heures avant l’annonce de cet appel, le juge des référés avait accueilli l’exception d’incompétence soulevée par la HAC, estimant que la contestation de cette décision relève non pas du juge judiciaire, mais du juge administratif. La juridiction a ainsi renvoyé les deux parties devant le Conseil d’État, seule instance compétente pour examiner la légalité des décisions de l’autorité de régulation des médias. Une décision de pure procédure, qui n’a pas tranché un seul millimètre du fond du litige, et que l’EPG entend contester point par point devant la juridiction d’appel.
L’EPG maintient sa ligne : une atteinte grave aux libertés fondamentales
Dans un communiqué publié dans la foulée de l’ordonnance, le parti d’opposition a réaffirmé sa position avec une clarté sans ambiguïté. « Pour Ensemble Pour le Gabon, la mesure prise par la Haute Autorité de la Communication consistant à suspendre les réseaux sociaux constitue une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression et la liberté de communication », martèle le communiqué. Des mots qui sonnent comme une déclaration de guerre judiciaire prolongée, portée par un parti qui entend transformer chaque renvoi de juridiction en nouvelle tribune pour défendre les droits numériques des Gabonais.
Le Conseil d’État, prochaine arène d’un combat qui ne connaît pas de trêve
Avec l’annonce de cet appel, le bras de fer judiciaire autour de la suspension des réseaux sociaux au Gabon change simplement d’arène — il ne s’éteint pas. Des millions de Gabonais, privés de Facebook, Instagram et WhatsApp depuis près d’un mois, attendent un dénouement que les tribunaux, de renvoi en renvoi, semblent repousser à l’horizon. Le Conseil d’État aura désormais le dernier mot — du moins, jusqu’au prochain rebondissement d’une affaire qui résume, à elle seule, toutes les tensions entre régulation, liberté et souveraineté numérique au Gabon.











































