Le ministre du Commerce, Zenaba Gninga Channing, a convoqué ce mercredi les principaux importateurs du pays pour une réunion exceptionnelle à Libreville. Cette rencontre, organisée dans un contexte de hausse persistante des prix et de crispations sur le marché intérieur, marque une nouvelle étape dans la stratégie gouvernementale visant à reprendre la main sur les circuits d’approvisionnement et à protéger le pouvoir d’achat des ménages.
Depuis plusieurs semaines, les consommateurs gabonais dénoncent une flambée des prix sur des produits essentiels : riz, huile, sucre, farine, produits d’hygiène. Face à ces tensions, le ministère du Commerce multiplie les contrôles, mais les résultats tardent à se faire sentir. La convocation des importateurs apparaît ainsi comme un signal fort : l’État entend désormais agir à la source, là où se décident les volumes, les coûts et les marges.
Selon des sources proches du dossier, le ministre Gninga Channing a exigé des explications précises sur les facteurs qui alimentent la hausse des prix. Plusieurs opérateurs ont évoqué la hausse des coûts du fret, les difficultés d’accès aux devises, les retards portuaires ou encore les fluctuations internationales. Mais le ministère soupçonne également des pratiques spéculatives et un manque de transparence dans la formation des prix.
Au cours de la réunion, le ministre a rappelé que les importateurs jouent un rôle central dans la stabilité du marché gabonais. Il leur a demandé de fournir des données détaillées sur leurs coûts réels, leurs marges et leurs capacités d’approvisionnementL’objectif : établir une cartographie claire des flux d’importation et identifier les zones d’opacité qui favorisent les dérives.
Le gouvernement souhaite également renforcer la régulation, notamment en révisant les mécanismes de fixation des prix et en améliorant la traçabilité des marchandises. Plusieurs pistes ont été évoquées : digitalisation des procédures douanières, contrôle renforcé des déclarations de valeur, harmonisation des marges sur les produits de première nécessité.
Si les discussions se sont déroulées dans un climat jugé « franc mais tendu », le ministère n’exclut pas de prendre des mesures coercitives en cas de non‑coopération. Parmi les options envisagées figurent des sanctions administratives, des suspensions d’agréments ou encore l’ouverture du marché à de nouveaux acteurs pour casser les situations de quasi‑monopole.
Cette réunion marque un tournant : le gouvernement veut montrer qu’il ne se contentera plus d’appels à la bonne volonté. Il entend désormais imposer une discipline économique pour garantir un approvisionnement stable et des prix maîtrisés.


























