Au Gabon, l’espoir d’une paie longtemps attendue s’est une nouvelle fois dissipé comme une brume matinale. Annoncée pour le 25 février 2026, la mise en solde de 148 enseignants sortants-école de l’Éducation nationale a été reportée quand 20 enseignants seront payés. Une décision qui prolonge l’attente de jeunes enseignants déjà éprouvés par des mois, parfois des années, d’incertitude professionnelle et financière persistante.
L’information a été confirmée le lundi 23 février par Laurence Ndong, ministre de la Fonction publique et du Renforcement des capacités, à l’issue d’une rencontre avec des représentants du mouvement SOS Éducation. Devant des visages marqués par la lassitude, la membre du gouvernement a invoqué un « problème technique », écartant toute idée de revirement politique ou de renoncement aux engagements pris.
Selon les explications officielles, ce report s’inscrit dans le cadre du protocole de sortie de crise signé entre le gouvernement, la commission tripartite et les partenaires sociaux. Ce texte prévoyait un rythme précis : 148 enseignants intégrés en février, 20 en mars, puis une régularisation mensuelle jusqu’à la fin de l’année. Or, des contraintes administratives et un manque de temps matériel auraient empêché le traitement des dossiers prévus pour février, forçant l’exécutif à inverser l’ordre initial.
Ainsi, seuls 20 enseignants passeront effectivement en solde dès ce mois, tandis que les 148 concernés devront patienter jusqu’en mars. Une reprogrammation qui fragilise un calendrier déjà perçu comme précaire et ravive les inquiétudes dans un secteur encore convalescent. Beaucoup de ces diplômés exercent déjà dans les établissements, transmettant le savoir sans bénéficier d’une rémunération régulière.
Ce contretemps survient dans un contexte encore chargé par les récentes grèves et blocages qui avaient paralysé l’enseignement durant plusieurs semaines. La régularisation administrative figurait alors au cœur des revendications, érigée en symbole de reconnaissance et de justice sociale. Chaque report, même justifié, agit donc comme une braise sous la cendre.
Face aux doutes, le gouvernement plaide la bonne foi et réaffirme sa volonté de respecter l’accord signé. Les échanges avec SOS Éducation semblent avoir momentanément calmé les esprits, sans toutefois dissiper totalement la méfiance. Car à force d’attendre, la patience s’effrite. Si la régularisation promise tardait encore, l’école gabonaise pourrait voir se rouvrir un front social, là où l’urgence devrait être celle de la stabilité et de la confiance retrouvée.












































