Iboundji, le 05 fevrier- Le Gabon poursuit le renforcement de l’accès équitable à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène en milieu scolaire, conditions silencieuses mais décisives de la réussite éducative. Le mercredi 4 février 2026, le ministre de l’accès universel à l’eau et à l’Énergie, Philippe Tnangoye, a présidé la cérémonie officielle de signature de l’accord de financement conclu entre le gouvernement japonais et l’UNESCO, portant sur le projet pilote intitulé « Solutions innovantes pour l’accès aux serviettes hygiéniques ainsi qu’aux infrastructures d’eau et d’assainissement pour les élèves de la commune d’Iboundji », dans la province de l’Ogooué-Lolo.
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Organisée dans les locaux du ministère, la cérémonie s’est tenue en présence de l’ambassadeur du Japon au Gabon, Ando Yoshio, et du directeur régional de l’UNESCO pour l’Afrique centrale, Hilaire Mputu. À travers cet engagement tripartite, il s’agit d’améliorer durablement les conditions de santé, de dignité et d’apprentissage des élèves, avec une attention particulière portée aux jeunes filles et aux communautés autochtones vivant en zones rurales et périurbaines.
Doté d’un financement de 180 000 dollars américains, soit plus de 100 millions de francs CFA, le projet repose sur une approche intégrée conjuguant innovation technologique et développement social. Il prévoit l’installation de forages hydrogéologiques modernes équipés de systèmes de pompage solaire à haute efficacité, la réhabilitation complète des blocs sanitaires scolaires, ainsi que la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation et de programmes éducatifs destinés à renforcer les connaissances et les bonnes pratiques en matière d’hygiène et de santé.
Pour l’ambassadeur du Japon, cette initiative traduit une conviction fondamentale : « ce projet pilote met en œuvre une approche intégrée combinant la technologie japonaise et le développement social au Gabon ». Il a également insisté sur la pérennité des infrastructures, précisant que « la durabilité de ces installations sera assurée par le renforcement des capacités des comités locaux de gestion, formés à l’entretien technique et à la gestion administrative des systèmes installés ».

Le directeur régional de l’UNESCO, Hilaire Mputu, a pour sa part salué « l’engagement constant du peuple et du gouvernement japonais », voyant dans ce financement l’expression d’une solidarité concrète en faveur de la résilience des communautés vulnérables. Qualifiant l’initiative d’« investissement dans le capital humain », il a rappelé que « en apportant de l’eau et de la dignité à l’école, nous garantissons qu’aucun enfant, et surtout aucune fille, ne soit laissé de côté », tout en exprimant l’espoir que cette phase pilote ouvre la voie à des projets plus structurants, en adéquation avec les priorités nationales du Gabon.
Présidant la cérémonie, le ministre Philippe Tonangoye a remercié les partenaires japonais et onusiens pour la confiance accordée au Gabon, formulant le vœu que ce type d’initiatives se multiplie. Il a indiqué que la phase pilote engagée à Iboundji pourrait, à terme, s’étendre aux 3 044 villages du pays, tout en évoquant la possibilité de mobiliser davantage les retombées économiques liées aux sites gabonais inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO afin de soutenir des actions sociales similaires.
Au-delà de la dimension technique, ce projet rappelle une vérité simple que les politiques publiques redécouvrent sans cesse : l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’intimité constitue l’un des fondements invisibles de la justice sociale. Là où ces conditions élémentaires sont réunies, l’école cesse d’être un espace précaire pour devenir un lieu de permanence, de confiance et d’émancipation. Et dans le silence d’un robinet qui coule ou d’un bloc sanitaire réhabilité se joue parfois bien plus qu’un confort : la possibilité, pour toute une génération, d’habiter pleinement son avenir.


























