À Nkoltang, au PK25, les bulldozers et les grues s’activent sur un chantier qui pourrait changer durablement le visage du Grand Libreville. La construction du nouveau centre de traitement et de valorisation des ordures ménagères avance rapidement, offrant une réponse concrète à une crise devenue chronique. Dans une agglomération qui concentre plus de 60 % de la population urbaine du Gabon et génère quotidiennement entre 700 et 900 tonnes de déchets, l’urgence n’est plus à démontrer.
Ce projet, étendu sur 75 hectares, se veut une infrastructure moderne, pensée pour absorber l’ensemble des déchets ménagers de la capitale sur une période estimée à trente ans. Loin des pratiques d’enfouissement sauvage qui ont marqué l’histoire de la gestion des ordures, le centre de Nkoltang s’inscrit dans une logique environnementale affirmée. Ses bassins, dotés de systèmes de filtration et de captation en sous-sol, permettront de traiter les lixiviats et de protéger les nappes phréatiques, réduisant ainsi les risques de pollution et de contamination.
La fermeture de la décharge de Mindoubé, en 2023, après des années de saturation et de nuisances, avait mis en lumière la fragilité du système de gestion des déchets. Le Conseil d’administration de Clean Africa, désormais sous contrôle étatique, avait alors acté la nécessité d’un nouveau site conforme aux standards internationaux. Le partenariat conclu en mars 2023 entre le Gabon et la France, en marge du One Forest Summit, illustre la volonté des autorités de mobiliser des ressources et des expertises pour relever ce défi.
Au-delà de l’aspect technique, le centre de Nkoltang symbolise une ambition politique : celle de transformer un problème sanitaire et écologique en opportunité de modernisation urbaine. Si le chantier se poursuit sans retard, Libreville pourrait enfin tourner la page des décharges improvisées et amorcer une gestion durable de ses déchets. Mais le succès dépendra aussi de la capacité des pouvoirs publics à assurer une exploitation rigoureuse et une sensibilisation citoyenne. Car la bataille contre la crise des déchets ne se gagne pas seulement avec des infrastructures, mais aussi avec des comportements responsables.


























