À peine installé à la tête du ministère des Hydrocarbures que Clotaire Kondja se retrouve déjà confronté à une première épreuve, et non des moindres : celle de la crédibilité de la parole publique. Malheureusement, cette épreuve semble d’ores et déjà manquée. La communication de son département, loin de rassurer ou d’éclairer, révèle une inquiétante légèreté.
Attribuer la pénurie de gaz à une supposée surconsommation liée aux fêtes de fin d’année ne relève pas d’une simple maladresse. C’est une défaillance conceptuelle grave, une explication paresseuse qui trahit l’absence de réflexion stratégique. Les fêtes ne surgissent pas par surprise ; elles sont inscrites dans le calendrier, connues, anticipables et mesurables. Les invoquer comme cause revient à confesser, sans l’assumer, une impréparation manifeste.
Dans un secteur aussi sensible que celui du gaz domestique, la pénurie n’est jamais le fruit du comportement des consommateurs, mais la conséquence directe d’un défaut de planification, de stockage ou de gouvernance. En choisissant d’incriminer la demande plutôt que d’assumer les failles du système, le ministère adopte une posture de fuite qui affaiblit durablement sa crédibilité.
Cette communication traduit une vision dangereusement réductrice de l’action publique : parler pour se couvrir, expliquer pour se dédouaner, au lieu d’informer pour gouverner. Or la parole de l’État n’est pas un exercice d’improvisation. Elle engage l’autorité, la compétence et le respect dû aux citoyens. Lorsqu’elle vacille dès les premiers jours, c’est toute la chaîne de confiance qui se fissure.
Les Gabonais n’attendent pas des justifications commodes ni des récits simplistes du ministères des Hyrdrocarbures. Ils exigent de la rigueur, de la lucidité et des réponses à la hauteur des responsabilités exercées. À défaut, chaque pénurie devient un miroir cruel tendu à l’impréparation du pouvoir.
Un proverbe de Lambaréné nous le rappelle avec une implacable sagesse :
« Quand le toit fuit dès la première pluie, ce n’est pas l’orage qu’il faut accuser, mais le maçon. »


























