Washington, 7 janvier 2026 – Les États-Unis et l’Afrique du Sud ont discrètement trouvé un terrain d’entente afin de permettre la poursuite du programme américain controversé visant à accueillir des Sud-Africains blancs aux États-Unis sous le statut de réfugiés. Cet accord est ressorti d’une réunion à huis clos tenue fin décembre, selon un compte rendu interne consulté par Reuters.
Cette rencontre diplomatique est intervenue après un épisode de fortes tensions bilatérales, provoqué par une descente inédite des autorités sud-africaines dans un centre de traitement des dossiers de réfugiés américains à Johannesburg. L’opération avait conduit à l’arrestation de contractuels et à la brève interpellation de fonctionnaires américains, suscitant une vive réaction de Washington.
Lors de la réunion du 23 décembre, le chargé d’affaires des États-Unis en Afrique du Sud, Marc Dillard, a reçu l’assurance formelle des autorités de Pretoria que le gouvernement sud-africain n’entraverait pas le programme voulu par le président Donald Trump. Cette position, consignée dans un document signé par M. Dillard et transmis à plusieurs agences américaines, marque une tentative de désescalade après plusieurs semaines de crispations.
« Nous ne partageons pas l’analyse selon laquelle certains Sud-Africains seraient menacés de génocide, mais leur droit de se rendre dans le pays de leur choix est garanti, et le gouvernement sud-africain n’interférera pas », aurait déclaré Thabo Thage, haut responsable sud-africain, selon le compte rendu de la réunion.
Toutefois, Pretoria s’est montrée nettement plus réservée sur un autre point sensible : la fuite en ligne de l’image du passeport d’un agent américain chargé des réfugiés, survenue après la perquisition de décembre. Les autorités sud-africaines ont apporté une réponse jugée « tiède » aux demandes américaines d’ouverture d’une enquête approfondie, laissant ce dossier sans résolution claire à ce stade.
De retour à la Maison-Blanche, Donald Trump avait suspendu la quasi-totalité des admissions de réfugiés à travers le monde, avant de relancer, quelques semaines plus tard, un programme ciblé en faveur des Sud-Africains blancs d’origine afrikaner. Le président américain affirme que ces derniers seraient victimes de persécutions raciales dans une Afrique du Sud à majorité noire, une thèse catégoriquement rejetée par Pretoria, qui y voit la reprise de récits complotistes issus de l’extrême droite.
Les relations entre les deux pays se sont encore détériorées après une rencontre tendue entre Donald Trump et le président sud-africain Cyril Ramaphosa en mai dernier, puis après l’exclusion de Pretoria de certaines réunions du G20 prévues cette année.
Le point culminant de la crise est survenu mi-décembre, lorsque les autorités sud-africaines ont mené une opération policière sur un site où travaillaient des agents américains et des contractuels impliqués dans le traitement des demandes de réfugiés. Sept ressortissants kenyans employés par une organisation américaine ont été arrêtés pour des infractions présumées à leur statut migratoire, tandis que deux agents américains ont été brièvement retenus.
Malgré ces « événements inacceptables », selon le Département d’État américain, le programme n’a pas été interrompu. Washington affirme même que le mois de décembre a enregistré le plus grand nombre d’arrivées d’Afrikaners aux États-Unis depuis le lancement du dispositif, une tendance appelée à s’accentuer en janvier.
De son côté, le ministère sud-africain des Relations internationales et de la Coopération a nié toute négociation politique autour de ce programme. « Notre position demeure inchangée : ce dispositif repose sur un postulat erroné, dépourvu de preuves empiriques, et rejeté par des Sud-Africains de toutes origines », a-t-il déclaré dans un communiqué.
Selon le document interne américain, la réunion du 23 décembre témoigne néanmoins d’une volonté commune de privilégier la diplomatie discrète après des échanges publics tendus. Les autorités sud-africaines auraient cherché à apaiser les tensions et à améliorer la communication afin d’éviter de nouveaux incidents médiatiques.
Si Pretoria assume pleinement les arrestations de contractuels kenyans, qualifiées de simples mesures d’application du droit migratoire, elle a réaffirmé qu’aucun changement de politique n’était envisagé et que le programme américain ne serait pas entravé tant qu’il respecte la législation sud-africaine.
Le président Trump a fixé à 7 500 le plafond des admissions de réfugiés pour l’année budgétaire 2026, un niveau historiquement bas, avec une priorité affichée pour les Afrikaners. Environ 1 000 d’entre eux auraient déjà rejoint les États-Unis depuis les premières arrivées enregistrées en mai dernier, selon des sources proches du dossier.












































