Le Gabon a franchi une étape décisive de son processus de transition politique avec l’élection, ce mardi 16 décembre 2025, du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), instance consultative appelée à jouer un rôle central dans la nouvelle architecture institutionnelle. Ce scrutin marque la clôture progressive des mécanismes transitoires et inaugure une phase de gouvernance fondée sur l’inclusion des forces vives de la Nation, dans un contexte institutionnel en quête de stabilité et de légitimité renforcée.
Dès les premières heures de la matinée, l’ensemble du dispositif électoral a été déployé afin d’assurer un déroulement fluide et transparent du vote. Trois grands collèges électoraux étaient en lice, traduisant la diversité socioprofessionnelle du pays. Le patronat, conduit notamment par la Fédération des entreprises du Gabon, a rivalisé avec les syndicats des travailleurs, regroupant confédérations salariales et structures autonomes, tandis que les associations et organisations non gouvernementales représentaient la société civile, les communautés religieuses, la diaspora ainsi que les acteurs culturels. Au total, 350 candidatures ont été validées, témoignant d’un engouement significatif pour cette institution.
Le nouveau Conseil économique, social, environnemental et culturel sera composé de 99 conseillers titulaires et de 99 suppléants. Cette assemblée plurielle comptera 15 représentants des hauts cadres de l’État, 6 issus de la société civile, 15 délégués des confédérations patronales, 15 représentants des syndicats salariaux, 7 membres d’associations, ainsi que 18 représentants des collectivités locales, à raison de deux par province, un pour les mairies et un pour les départements. Des sièges spécifiques sont également réservés aux populations autochtones, aux communautés religieuses et aux artisans, traduisant une volonté affirmée d’équité.

Le coordinateur des élections Joël Richard Boungat a souligné la portée de cet événement en ces termes : « Le renouvellement de cette assemblée intervient alors que nous déroulons le calendrier de fin de transition. Elle intègre de nouveaux acteurs sociaux, notamment les populations autochtones, les traditionalistes gabonais et la diaspora. » Une déclaration qui met en lumière l’ambition d’un Conseil véritablement représentatif des réalités nationales.

Du côté du patronat, la satisfaction était manifeste. Gaston Midoungani, vice-président de la Fédération des entreprises du Gabon, s’est félicité des résultats obtenus : « Trois candidats de la FEG ont été élus sur cinq sièges. Nous saluons l’organisation parfaite de cette élection. Le patronat, qui détient une part essentielle de l’économie nationale, apportera son expertise au sein du Conseil. »
Pour le secteur des transports, Jean Robert Menié a rappelé la vocation constructive du syndicalisme en affirmant : « Vous savez que dans la mission du syndicat il y a certes la revendication mais il y a aussi une deuxième mission importante c’est celle de faire des propositions au pouvoir public, celle d’analyser le secteur et de proposer des choses pour pouvoir public. » Il a poursuivi en saluant la qualité du processus électoral et en remerciant les transporteurs pour leur soutien, soulignant une amélioration notable par rapport aux scrutins antérieurs.
La culture n’est pas restée en marge de cette dynamique. Michel Pecoinh, président de la Confédération gabonaise des acteurs culturels, a déclaré : « Le travail mené lors du dialogue national a porté ses fruits. Nous avons longtemps œuvré pour la valorisation du patrimoine culturel et des valeurs. Aujourd’hui, nous constatons des avancées concrètes. »
Enfin, la forte participation des associations et ONG, avec 248 candidats, ainsi que l’implication de la diaspora, des populations autochtones et des communautés religieuses, confèrent à ce scrutin une légitimité accrue et consacrent l’avènement d’un Conseil résolument inclusif.


























