Introduite en 2017–2018, la Redevance audiovisuelle et cinématographique (RAC) devait marquer un tournant dans le financement de la culture au Gabon. Présentée comme un outil structurant, elle visait à stabiliser les ressources des médias publics, améliorer la qualité des programmes, encourager la production audiovisuelle locale et soutenir l’émergence d’une véritable industrie cinématographique nationale.
À l’époque, le discours politique insistait sur la nécessité d’investir dans le contenu et dans les infrastructures culturelles pour justifier la contribution imposée aux citoyens.
Sept ans plus tard : un bilan introuvable
La réalité est bien différente.
Aucune salle de cinéma publique n’a été construite.
Les projets audiovisuels nationaux restent fragiles et manquent de financements pérennes.
Aucun fonds structuré issu de la la Redevance audiovisuelle n’a été officiellement mis en place pour soutenir les créateurs.
Les rapports détaillant l’utilisation des recettes de la redevance audiovisuelle sont inexistants ou inaccessibles au public.
Ce manque de traçabilité alimente un doute profond : la RAC a-t-elle réellement servi les objectifs annoncés ou s’est-elle diluée dans les méandres budgétaires ?
Alors que de nouvelles taxes sont discutées dans différents secteurs, plusieurs personnalités publiques y compris des responsables impliqués dans la mise en place de la Redevance audiovisuelle et cinematographique s’expriment désormais sur la pression fiscale et la nécessité de transparence.
Ce revirement surprend une partie de l’opinion, qui constate un décalage entre les appels actuels à l’efficacité des prélèvements et l’absence d’évaluation publique des dispositifs instaurés il y a quelques années.
La RAC illustre un problème plus large : la difficulté à démontrer l’impact concret des prélèvements obligatoires. Sept ans après son lancement, le secteur culturel gabonais demeure sans infrastructures majeures nouvelles, sans cinéma, et avec des financements irréguliers.
Dans ce contexte, une partie de l’opinion publique reste sceptique face aux nouvelles taxes proposées. L’absence de visibilité et de traçabilité des recettes passées nourrit une défiance qui fragilise la légitimité des politiques fiscales actuelles.
Le cas de la Redevance audiovisuelle et cinématographique rappelle l’urgence d’une évaluation publique des politiques fiscales et culturelles. Sans transparence ni résultats tangibles, chaque nouvelle taxe risque d’être perçue comme une charge supplémentaire plutôt qu’un levier de développement.
Pour que le secteur audiovisuel et cinématographique gabonais trouve enfin les moyens de son essor, il faudra non seulement créer des outils financiers adaptés, mais surtout garantir leur traçabilité et leur efficacité.


























