La Taxe Forfaitaire d’Habitation (TFH) continue de susciter des débats passionnés au Gabon, notamment après la publication, par le ministère de l’Économie et des Finances, d’une liste d’entités exonérées de cette taxe. Bien que la réforme vise à établir un cadre fiscal plus juste, elle soulève des interrogations quant à son application et à son impact sur les ménages.
Le tableau récemment diffusé clarifie que certains types de locaux sont exclus de la TFH, notamment ceux destinés au logement des élèves et les lieux de culte reconnus. Cela semble, à première vue, une mesure positive visant à protéger les secteurs les plus vulnérables de la société. Cependant, la question se pose : cette exclusion est-elle suffisante pour apaiser les craintes des Gabonais face à une taxation qui pourrait peser sur leur pouvoir d’achat ?
La SEEG, en charge de la collecte de cette taxe, a indiqué que 14 % des foyers correspondant à des ménages bénéficiant de compteurs sociaux seront exonérés. Cela représente une avancée, mais il est essentiel de se demander si ce pourcentage est réellement suffisant. Les ménages les plus pauvres, souvent les plus touchés par les augmentations de coûts, peuvent-ils se permettre même une contribution de 1 000 F ?
De plus, l’obligation de payer la TFH s’applique également aux fonctionnaires et aux employés logés par l’État. Cela soulève des inquiétudes quant à l’équité de la mesure, surtout pour ceux dont les salaires sont déjà modestes.
La réforme, bien qu’elle vise à garantir une certaine équité, pourrait être perçue comme une charge supplémentaire pour des populations déjà fragiles. La communication autour de cette taxe doit donc être renforcée pour dissiper les malentendus et clarifier les bénéfices attendus de cette mesure.
La TFH pourrait potentiellement contribuer à une redistribution plus juste des ressources, mais seulement si elle est appliquée avec soin et si les voix des citoyens sont entendues. Une consultation publique sur cette réforme serait peut-être un bon moyen d’assurer une meilleure acceptation et compréhension.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi

























