Le tribunal de commerce de Libreville s’est à nouveau penché, ce 09 décembre 2025, sur l’affaire BR Sarl, ce dossier tentaculaire qui a englouti les économies de milliers d’épargnants gabonais. Plus de dix ans après la fuite des dirigeants de cette société-écran, les victimes continuent de réclamer justice. Mais cette fois, ce ne sont plus les responsables disparus qui occupent le banc des accusés : les projecteurs se tournent vers les banques partenaires UBA, Ecobank et Orabank soupçonnées d’avoir fermé les yeux sur des pratiques manifestement frauduleuses.
BR Sarl, jamais légalement constituée, avait pourtant réussi à ouvrir des comptes bancaires et à attirer des milliers de clients. Ses promoteurs, aujourd’hui introuvables, ont laissé derrière eux un champ de ruines financières. L’affaire, emblématique par son ampleur et ses ramifications, a été mise en délibéré : le verdict est attendu le 30 décembre 2025.
La responsabilité des banques au cœur du débat
Lors de l’audience, les avocats des plaignants ont dénoncé une « faute de vigilance caractérisée » de la part des établissements bancaires. Me Francis Nkéa Ndzigue a rappelé que ces institutions, en relation directe avec BR Sarl, n’ont jamais alerté l’Agence nationale d’investigations financières (Anif) malgré des flux suspects. « Comment expliquer que des comptes aient été ouverts pour une société inexistante sur le plan légal ? », a-t-il interrogé, soulignant que les épargnants n’avaient aucun moyen de détecter la supercherie.
Au-delà du cas BR Sarl, c’est la crédibilité du système bancaire qui est en jeu. Les banques, censées être les gardiennes de la transparence financière, sont accusées d’avoir failli à leur mission de contrôle. Si la justice venait à reconnaître leur responsabilité, ce serait un signal fort : l’impunité ne saurait couvrir la négligence des institutions censées protéger les citoyens.
L’attente d’un jugement exemplaire
Pour les milliers de victimes, le 30 décembre 2025 représente plus qu’une date judiciaire : c’est l’espoir d’une réparation et d’une reconnaissance officielle de leurs droits. Mais c’est aussi l’occasion pour la justice gabonaise de poser un précédent, en rappelant que la complicité passive des banques dans des escroqueries de grande ampleur ne peut rester sans sanction.

























