La mise en place d’une taxe forfaitaire d’habitation, dont sont exemptés les détenteurs de compteurs sociaux, soulève une profonde indignation. Car réduire la question de la précarité au seul type de compteur est une erreur manifeste :
Des étudiants, des chômeurs et des familles modestes utilisent des compteurs dits « normaux » et devront payer cette taxe, malgré leurs difficultés quotidiennes.
À l’inverse, certains fonctionnaires ou ménages aisés, occupant des logements équipés de compteurs sociaux, en seront dispensés.
Cette classification simpliste de la taxe forfaitaire d’habitation crée une injustice flagrante et entretient l’idée que la pauvreté se mesure uniquement à travers un compteur, ce qui est loin de refléter la diversité des situations sociales au Gabon.
Présentée comme une « taxe d’habitation », cette mesure ne répond pourtant pas aux critères d’une véritable taxe de ce type. Une certaine opinion pense qu’il serait question d’une taxe sur l’électricité, déguisée sous une appellation trompeuse.
Les conditions légales et économiques pour définir une taxe d’habitation ne sont pas réunies.
Le prélèvement touche directement la consommation énergétique, et non la valeur du logement ou la capacité contributive des ménages.
Autre sujet de controverse : la gestion de cette taxe forfaitaire d’habitation par la SEEG. Cette société, déjà fragilisée par des difficultés financières et une incapacité chronique à assurer ses missions de base, se voit confier une tâche qui dépasse son rôle.
L’État est lui-même endetté auprès de la SEEG.
La société peine à garantir une distribution régulière d’électricité et d’eau.
La collecte des taxes devrait relever d’organismes spécialisés, et non d’une entreprise dont la gestion financière est régulièrement critiquée au grand jour.
Pour une partie de l’opinion, cette décision traduit une volonté de l’État de régler sa dette envers la SEEG en ponctionnant directement les ménages gabonais.
Au-delà des aspects techniques, cette taxe révèle une fracture sociale et un manque de transparence. Les Gabonais demandent :
Une classification plus juste des foyers exemptés, prenant en compte la réalité des étudiants, des sans-emplois et des familles modestes.
Une gestion des prélèvements par des institutions crédibles et indépendantes.
Une communication honnête sur la nature réelle de cette taxe.
Car le patriotisme, c’est aussi défendre l’équité et protéger les citoyens les plus vulnérables. Une réforme fiscale ne peut se construire sur l’injustice et l’opacité

























