Face à la dégradation alarmante des routes dans plusieurs quartiers du Grand Libreville, un groupe de jeunes a décidé de prendre les choses en main. Armés de marteaux, de brouettes et de pierres, ils rebouchent eux-mêmes les nids-de-poule, non seulement pour améliorer la circulation, mais aussi pour protéger la sécurité des usagers. Cette initiative citoyenne, bien que louable, met en lumière une opportunité que l’État gabonais ne devrait pas ignorer : le financement de ces jeunes pour des travaux d’entretien routier.
Depuis des années, les nids-de-poule se multiplient à un rythme inquiétant, causant des dommages matériels importants aux véhicules et ralentissant la circulation. Les automobilistes sont frustrés, et beaucoup d’entre eux se plaignent des conséquences sur leur sécurité. « À force d’y passer, nous subissons des dommages sur nos véhicules », déclare un conducteur, exaspéré par l’inaction des autorités.
Ces jeunes, cependant, refusent de rester passifs. Leur détermination à agir face à l’inaction gouvernementale illustre un sens aigu de la responsabilité civique. Mais pourquoi l’État ne devrait-il pas soutenir ces efforts par un petit financement ? En investissant dans des programmes qui encadrent et soutiennent ces initiatives, le gouvernement pourrait transformer une action ponctuelle en un projet durable.
Des exemples à l’étranger montrent que des initiatives similaires ont été couronnées de succès. Par exemple, des programmes de micro-financement en Afrique du Sud ont permis à des groupes de citoyens de réhabiliter des infrastructures locales, créant ainsi des emplois et améliorant la sécurité routière. L’État gabonais pourrait s’inspirer de ces modèles pour établir un cadre légal et financier qui permettrait aux jeunes de se professionnaliser dans la réparation routière.
Bien que certains critiquent la qualité des travaux effectués par ces jeunes, il est essentiel de reconnaître leur potentiel. Un accompagnement adéquat pourrait non seulement améliorer la qualité des réparations, mais aussi offrir des opportunités de formation et d’emploi.
Le gouvernement gabonais a l’occasion de transformer une crise en opportunité. En soutenant ces jeunes, il pourrait non seulement répondre à une urgence routière, mais aussi renforcer le tissu social et économique du pays. L’engagement citoyen est un puissant moteur de changement, et l’État devrait en faire un partenaire.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi












































