À Luanda, dans une atmosphère chargée d’enjeux et de symboles, Brice Clotaire Oligui Nguema a fait entendre une voix qui n’avait rien d’un murmure diplomatique. Le 7ᵉ Sommet UA–UE, célébrant un quart de siècle de partenariat, lui a offert la scène idéale pour plaider un renouveau profond : celui d’un multilatéralisme enfin équitable, où l’Afrique ne serait plus l’ombre portée des grandes puissances, mais un pilier debout dans l’architecture mondiale. Comme un tambour battant au cœur du concert international, le Président gabonais a rappelé que les continents ne doivent plus avancer en décalage, mais marcher d’un même pas.
Face à un auditoire conscient des fractures géopolitiques contemporaines, Oligui Nguema a dénoncé la vétusté d’une gouvernance mondiale figée dans des schémas périmés. Pour lui, l’Afrique doit cesser d’être un décor et devenir un acteur de premier plan. Le Conseil de sécurité, trop souvent clos comme une forteresse, devrait s’ouvrir à une représentation plus juste afin que les préoccupations africaines – sécurité, développement, résilience – ne soient plus traitées comme des notes de bas de page. « Nos voix doivent peser dans les décisions qui dessinent notre avenir », a-t-il martelé, comme un rappel ferme aux fondations du droit international.
Le chef de l’État a ensuite plongé dans les eaux troubles de la sécurité continentale, dénonçant les flux illégaux d’armes qui traversent les frontières africaines telles des ombres venimeuses. « Nous ne fabriquons pas ces armes, pourtant elles brûlent nos terres », a-t-il insisté. Il a plaidé pour une montée en puissance des capacités africaines de paix, soutenue par un partenariat renforcé avec l’Union européenne et par la mise en œuvre pérenne de la résolution 2719, véritable clé de voûte d’un financement durable des opérations africaines.
Évoquant l’impact de la guerre en Ukraine, Oligui Nguema a souligné à Luanda combien les secousses extérieures peuvent faire vaciller la sécurité alimentaire d’un continent entier, comme un château de sable menacé par la marée mondiale. Il en a profité pour présenter la trajectoire économique du Gabon, arrimée au Plan National de Croissance et de Développement 2026–2030 : transformation locale, industrialisation verte, infrastructures, gouvernance exigeante et stabilité sociale.
En marge du sommet, le Président gabonais a multiplié les rencontres bilatérales, renforçant des alliances utiles pour une Afrique plus unie. En quittant Luanda, il laisse l’image d’un dirigeant déterminé, décidant de placer l’Afrique non plus en spectatrice, mais au centre du jeu mondial.


























