L’agression barbare survenue à Cap-Esterias, où un activiste gabonais a été frappé à la tête avec une hache lors d’un conflit foncier, dépasse le cadre d’une simple rixe. Cet acte de violence extrême, impliquant un ressortissant sénégalais, met en lumière de manière crue l’échec de la régulation du secteur foncier et l’inquiétante perception d’impunité dont jouissent certains étrangers sur le sol gabonais.
Le cœur du problème au réside dans l’affrontement entre la famille Bourdette, autochtone et se réclamant propriétaire légitime, et l’individu sénégalais, qui prétend détenir des titres cadastraux acquis récemment. L’affirmation de l’étranger, se vantant publiquement de pouvoir « payer la justice gabonaise » et de posséder des « relations haut placées », est une provocation directe à l’État de droit. Ce type de comportement suggère que les mécanismes de régulation foncière sont non seulement corrompus, mais que l’autorité de la loi gabonaise est ouvertement bafouée par des intérêts étrangers.
L’escalade vers l’usage d’une arme blanche, précédée par une menace à l’essence, est inacceptable. Lorsqu’un citoyen étranger recourt à une telle violence physique contre un Gabonais intervenant pour défendre des droits territoriaux, cela constitue une atteinte directe à la sécurité et à la souveraineté du pays. La loi est claire : aucun individu, quelle que soit son origine, n’est au-dessus des lois gabonaises, et la violence physique contre un citoyen résidant sur le territoire doit être traitée avec la plus grande sévérité.
Cet incident pose une question fondamentale en lien avec les directives présidentielles récentes interdisant la vente de terrains aux étrangers. Si l’on en croit les dires de la famille Bourdette, ce Sénégalais aurait régularisé des documents fonciers rapidement. Comment de telles transactions ont-elles pu aboutir si vite, contredisant l’interdiction officielle ? Cela pointe vers une complicité ou une négligence grave au sein des services administratifs, potentiellement impliqués dans la corruption.
L’intervention des activistes, alertés par un appel au secours sur les réseaux sociaux, démontre que la société civile se substitue souvent à l’État défaillant pour faire respecter les droits. La tentative de meurtre sur l’activiste, qui a nécessité une intervention chirurgicale d’urgence à l’hôpital militaire de Dakanda, doit entraîner des poursuites maximales pour tentative d’homicide. Il est impératif que les deux plaintes déposées soient traitées sans pression extérieure, afin de rétablir la confiance dans la capacité de la justice à protéger ses citoyens contre l’abus de pouvoir et l’agression étrangère. Le gouvernement doit agir fermement pour démanteler les réseaux qui permettent à de tels abus de souveraineté de se produire à Cap-Esterias.
Par Yann Yorick Manfoumbi

























