Ce 30 septembre 2025 dans un verdict aussi spectaculaire que controversé, la Haute cour militaire de Kinshasa a condamné l’ancien président de la République démocratique du Congo, Joseph Kabila, à la peine de mort par contumace. Dirigeant du pays de 2001 à 2019, Kabila est reconnu coupable de trahison, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, notamment pour sa présumée complicité avec le groupe rebelle M23.
Le jugement, rendu sans la présence de l’accusé, Joseph Kabila, ni de ses avocats, repose sur des accusations graves : direction d’opérations militaires aux côtés de l’AFC/M23, supervision de centres d’instruction clandestins, réunions d’état-major à Goma et Bukavu, et implication dans des actes de violence systématique contre les populations civiles. La Cour a également ordonné le versement de 33 milliards de dollars de dommages et intérêts, dont 29 milliards à l’État congolais et 2 milliards à chacune des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Ce procès contre Joseph Kabila, ouvert en juillet 2025, s’inscrit dans un contexte de réactivation de la peine capitale en RDC, après la levée du moratoire en mars 2024. Si l’exécution de la sentence semble improbable, le signal politique est fort : l’impunité des anciens dirigeants n’est plus garantie. Toutefois, l’absence de débat contradictoire et les interrogations sur la nationalité de Joseph Kabila, soulevées par certains avocats de la partie civile, alimentent les soupçons d’un procès à visée politique.
Cette condamnation soulève des enjeux majeurs pour l’avenir institutionnel du pays. Elle pourrait ouvrir la voie à une justice plus indépendante, mais aussi exacerber les tensions dans un climat déjà marqué par l’instabilité à l’Est. La RDC se trouve à la croisée des chemins : entre affirmation de l’État de droit et instrumentalisation judiciaire.
La question centrale demeure : cette décision marque-t-elle une avancée vers la reddition des comptes ou une manœuvre pour écarter un acteur politique influent ? Dans tous les cas, elle redéfinit les contours du pouvoir et de la justice dans une République encore en quête de stabilité.


























