Les élections législatives et locales du 27 septembre continuent de faire couler beaucoup d’encre. Le vice-président Séraphin Moundounga, dans une sortie médiatique remarquée, s’est félicité du bon déroulement des élections 2025 au Gabon, affirmant que 98 % des circonscriptions ont connu une élection régulière, avec une participation de 53 %. Il a salué le rôle des forces de sécurité et minimisé les irrégularités, les qualifiant d’« incidents isolés ».
Mais derrière ce discours rassurant, une réalité plus complexe se dessine. Car si le pouvoir se targue d’avoir organisé des élections 2025 au Gabon « apaisées », il ne peut ignorer les failles persistantes du système électoral : manque de transparence dans certaines zones, contestations locales, absence de mécanismes de contrôle indépendants. Ces dysfonctionnements, même marginaux, entachent la crédibilité du processus et nourrissent la défiance populaire.
La contre-attaque virulente de Moundounga contre Raymond Ndong Sima, ancien Premier ministre de la transition, ajoute une dimension polémique aux élections 2025 au Gabon. En accusant l’Alliance patriotique (AP) de tribaliser le débat et de ne présenter des candidats que dans le Woleu-Ntem, le vice-président semble vouloir détourner l’attention des véritables enjeux. Or, la réaction attendue de Ndong Sima ne devrait pas se limiter à une défense personnelle : elle devrait ouvrir un débat national sur les limites du système électoral, la représentativité, et les fractures identitaires.
Le peuple gabonais, lui, attend des réponses. Pourquoi les mêmes irrégularités se répètent-elles comme sous l’ancien régime renversé ? Quelle réforme électorale est envisagée ? Comment garantir une participation équitable et inclusive ? Ces questions ne peuvent rester sans réponse.
Le patriotisme véritable ne consiste pas à défendre un bilan à tout prix, mais à reconnaître les failles et à les corriger. Le pouvoir doit entendre les critiques comme des alertes citoyennes. Et l’opposition, au lieu de se cantonner à la dénonciation, doit proposer une vision alternative, structurée et rassembleuse. Car c’est dans la confrontation des idées et la transparence des institutions que se construit une démocratie digne de ce nom.

























