À moins d’un mois de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025 au Cameroun, une onde de choc politique vient bouleverser les équilibres établis. Brenda Biya, fille unique du président Paul Biya, a publié une vidéo virale sur Tiktok dans laquelle elle appelle les Camerounais à ne pas voter pour son père, affirmant qu’il « a fait beaucoup de mal au peuple ».
Cette prise de position, aussi inattendue que frontale, ébranle les rangs du pouvoir et redonne de l’élan aux opposants. Dans un pays où la parole présidentielle est sacralisée et où les critiques internes sont rares, le désaveu public d’un membre de la famille présidentielle constitue une rupture inédite. Brenda Biya, déjà connue pour avoir défié les normes sociales en révélant son homosexualité en 2024, s’impose une nouvelle fois comme une figure de contestation, cette fois sur le terrain politique.
Du côté du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), la réaction est prudente. Le parti au pouvoir évoque une « instrumentalisation émotionnelle » et tente de minimiser l’impact de cette sortie. Mais dans les cercles diplomatiques et médiatiques, l’affaire est prise au sérieux : elle révèle une fracture générationnelle et une crise de légitimité qui dépasse le cadre familial.
L’opposition, quant à elle, salue un « acte de courage » et y voit un signal fort envoyé à la jeunesse camerounaise, souvent désabusée par la longévité du régime. Sur les réseaux sociaux, le message de Brenda Biya est largement relayé, devenant un catalyseur de débats sur la gouvernance, la liberté d’expression et le renouvellement politique.
Au-delà du choc médiatique, cette affaire pose une question fondamentale : le pouvoir peut-il encore ignorer les voix dissidentes, même lorsqu’elles viennent de l’intérieur, de la famille même du président camerounais Paul Biya qui règne depuis plusieurs décennies ? Dans un contexte électoral tendu, la parole de Brenda Biya pourrait bien marquer un tournant dans l’histoire politique du Cameroun.


























