Le Conseil des ministres du lundi 8 septembre a tranché sans appel : Fabrice Andjoua, directeur général de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF), a été remercié. Cette décision, fruit d’un long bras de fer entre agents en colère et un patron fantôme, met fin à ce que beaucoup qualifiaient d’« erreur de casting » dans la haute administration.
Pendant plus de deux ans, celui que l’opinion surnommait ironiquement le « fils à Maman » a incarné les dérives d’une gestion en apesanteur. Absent plus souvent qu’assidu, Fabrice Andjoua s’était mué en « directeur en pointillé », préférant les ombres d’une fonction théorique aux rigueurs d’un poste exigeant. Dans les couloirs de l’institution, ses absences répétées résonnaient comme des portes closes, laissant derrière elles des dossiers empilés tels des cadavres administratifs.
Lassés de cette gouvernance en mode sommeil, les agents de la DGCCRF ont choisi l’arme ultime : la grève illimitée. Leurs revendications portaient haut la voix du désespoir : stagnation des carrières, suspension des primes, décote salariale de 30 %, blocage des promotions et titularisations gelées depuis 2021. « Nous avons frappé à toutes les portes, mais le silence fut la seule réponse », affirmait le syndicat SAACCRF, dénonçant l’inaction d’un dirigeant absent du champ de bataille.
Sous la pression, les travailleurs n’ont pas seulement accusé leur hiérarchie directe : ils ont interpellé le ministre de l’Économie et jusqu’au chef de l’État. L’ultimatum lancé par ces agents excédés aura été entendu. Dans un pays où le service public souffre déjà de mille lenteurs, l’inertie de Fabrice Andjoua était devenue un luxe trop coûteux.
Ce limogeage marque également la fin d’une anomalie politique. Protégé des hautes sphères par son nom et son lignage, l’intéressé avait résisté au grand balayage opéré depuis la Ve République. Comme une pièce de l’ancien puzzle bongoïste, il demeurait en poste alors que beaucoup de ses pairs avaient déjà été écartés. Mais la presse, telle une vigie infatigable, n’a cessé d’exposer ses insuffisances, décrivant un gestionnaire « incapable de tenir la barre d’une administration en pleine tempête ».
En remplaçant Fabrice Andjoua par Madame Elise Emmanuelle Ntsame Obame, le gouvernement tourne la page d’une parenthèse embarrassante. Le départ de ce directeur absentéiste sonne comme une leçon : dans la nouvelle ère, l’héritage ne suffit plus, l’efficacité seule est exigée. Pour la DGCCRF, c’est peut-être le début d’un retour à la rigueur et à la discipline, après des années de paralysie incarnées par un dirigeant plus fantôme qu’acteur.

























