Un souffle brûlant traverse les réseaux sociaux. Dans une vidéo devenue virale, N’donda Morvan Rosaire, président de l’association des footballeurs du Gabon, sonne l’alarme : certains propos tenus par un ressortissant béninois sur Internet, visant non seulement les Gabonais mais aussi la première institution du pays, risquent de mettre le feu aux poudres.
N’donda Morvan Rosaire s’étonne que des personnes venues « vivre le meilleur de leur vie au Gabon » puissent insulter ceux qui les accueillent. Pour lui, cette provocation n’est pas seulement une offense, c’est un danger.
L’ancien footballeur a convoqué l’histoire : en juillet 1978, un différend diplomatique entre Libreville et Cotonou avait déclenché l’expulsion de près de 10 000 Béninois. Un épisode douloureux que personne ne souhaite revivre, mais qui rappelle que, lorsque le Gabon se sent bafoué, il sait réagir d’une seule voix.
Rosaire insiste sur la nature hospitalière du peuple gabonais, autrefois terre de transit pour de nombreux Africains en route vers l’Europe. Mais l’hospitalité, dit-il, n’autorise ni l’irrespect ni l’insulte.
Selon lui, la colère monte dans les quartiers et les autorités diplomatiques béninoises doivent agir vite pour sensibiliser leurs ressortissants. « À la prochaine incartade, les conséquences pourraient être désastreuses », prévient-il. Il invite également le ministre gabonais des Affaires étrangères à interpeller les autorités diplomatiques béninoises, soulignant que « ce qui se trame peut devenir terrible » si rien n’est fait.
En toile de fond, plane le souvenir des événements du 30 août 2023, jour du changement de régime au Gabon. N’donda Morvan Rosaire rappelle que le pays est désormais dirigé par un président militaire, symbole d’autorité, mais que même lui aurait du mal à contenir la colère populaire si celle-ci éclatait.
Cette affaire ressemble à un fleuve paisible dont le courant s’accélère en profondeur. Libreville ne veut pas revivre les tensions d’hier, mais le Gabon ne tolérera pas qu’on souille son rivage. L’avertissement lancé par N’donda Morvan Rosaire n’est pas une menace : c’est un signal rouge pour prévenir que l’orage gronde, et qu’il est temps de construire un pont diplomatique avant que les eaux ne débordent.
Par Darlyck Ornel Angwe


























