Ce 4 août 2025, dans une interview exclusive accordée à TV5 Monde, Brice Laccruche Alihanga, ancien directeur de Cabinet du Président Ali Bongo Ondimba, a livré une révélation qui secoue la scène politique gabonaise. Après plus de cinq années de silence et d’incarcération, il revient sur les véritables raisons de sa chute, affirmant avoir refusé d’être complice d’un projet de succession dynastique au sommet de l’État.
Selon ses propos, Nourreddin Bongo, présenté comme l’héritier du pouvoir, lui aurait posé un ultimatum :“Mon grand-père était président, mon père est président, je serai président. Es-tu avec moi ou contre moi ?”
Brice Laccruche Alihanga affirme avoir répondu non, un refus qu’il décrit comme un acte de fidélité à l’idée républicaine et non à une famille politique.
“J’ai dit non au prince qui voulait devenir roi. J’ai signé mon arrêt de mort”,déclare-t-il.
Quelques semaines plus tard, il était arrêté, poursuivi pour corruption et détournements de fonds publics, et tombait de son piédestal politique.
Cette révélation jette une lumière crue sur les dernières années du régime Bongo. Elle soulève une question fondamentale : le Gabon était-il encore une République ou déjà un royaume de fait où le pouvoir se transmettait de père en fils ?
Pour de nombreux observateurs, ce témoignage confirme ce que redoutaient certains acteurs politiques et de la société civile : la construction d’une dynastie présidentielle, verrouillant les institutions et marginalisant toute voix discordante.
Brice Laccruche Alihanga, longtemps perçu comme l’homme fort de la Présidence, affirme aujourd’hui qu’il a résisté là où beaucoup se sont tus. “Je n’ai pas chuté. J’ai résisté”,insiste-t-il, revendiquant une posture de courage politique face à la tentation monarchique.
Ce récit révèle la violence interne du système politique gabonais, où le refus d’adhérer à une logique clanique peut mener à l’élimination pure et simple d’un acteur majeur du pouvoir.
Avec ce témoignage, l’ancien proche d’Ali Bongo ne se contente pas de défendre son honneur. Il contribue à réécrire l’Histoire récente du pays. Loin de l’image d’un simple“baron du régime”, il se présente comme un résistant républicain, sacrifié pour avoir dit non à la transmission héréditaire du pouvoir.
Cette sortie publique, à quelques mois d’échéances électorales cruciales, pourrait relancer le débat sur la nécessité de refonder les institutions gabonaises afin d’empêcher toute dérive monarchique à l’avenir.
Le témoignage de Brice Laccruche Alihanga dépasse la défense personnelle. Il révèle la fragilité des contre-pouvoirs et la prédisposition du système politique gabonais à glisser vers une monarchie de fait. En rompant l’omerta, il ouvre un nouveau chapitre du débat démocratique : celui de savoir si la République gabonaise appartient à une dynastie ou au peuple.
Par Darlyck Ornel Angwe

























