À l’heure où le Gabon se prépare à célébrer la deuxième édition de la Journée de la Libération, prévue le 30 août 2025, les usagers de la route Ndendé Tchibanga sont de plus en plus inquiets. Cette voie, essentielle au désenclavement de la Nyanga et au dynamisme économique local, est aujourd’hui synonyme de calvaire. Selon les révélations du Quotidien L’Union, les travaux de réhabilitation, confiés à l’entreprise Covec, sont à l’arrêt depuis plus de six mois.
Au cœur du blocage : un défaut de paiement. L’État gabonais aurait suspendu le règlement des factures de l’année 2024, sans communication officielle, malgré les engagements pris par le président lui-même. Cette décision a contraint Covec à réduire son activité au strict minimum, maintenant une simple station de concassage à Douano, sans aucun chantier en cours sur le terrain.
Cette situation révèle des dysfonctionnements structurels dans la gouvernance publique :
Un déficit de coordination entre services financiers et techniques
Une faiblesse dans le pilotage stratégique des projets
L’absence de mécanismes de relance rapide en cas de crise contractuelle
Pour les usagers, les conséquences sont lourdes : trajets rallongés, risque d’accidents, isolement des localités rurales, et impact direct sur les activités agricoles et commerciales. Le sentiment d’abandon gagne les populations, tandis que le silence des autorités accentue la frustration.
Au-delà d’un chantier bloqué, la route Ndendé–Tchibanga devient le symbole d’une crise de confiance envers les institutions. La lenteur des travaux interroge : pourquoi l’État peine-t-il à suivre ses propres engagements? Que vaut une promesse présidentielle si elle reste sans effet concret ?
Il est temps que cette route cesse d’être un parcours d’obstacles pour devenir un axe structurant du développement régional. Cela exige plus qu’un paiement : une réforme profonde des processus décisionnels et un engagement transparent envers les citoyens.

























