À l’aube des législatives et locales 2025, le Parti démocratique gabonais (PDG), longtemps pilier de la stabilité politique, se trouve face à une énigme existentielle. Le spectre d’une mise à l’écart totale plane, comme un vent de sable prêt à ensevelir un baobab politique qui semblait autrefois indéracinable.
Dans ce tourbillon, douze figures se détachent : Blaise Louembé, Jeannot Kalima, Yves Fernand Manfoumbi, Angélique Ngoma, Edgard Moukoumbi, Camélia Ntoutoume Leclercq, Adrien Nguema Mba, Fernand Ngoussi, Antoine Megne M’eyi, Charles Otandault, Jean François Ndougou, Denise Mekam’ne. Tous, membres ou ex-sympathisants du PDG, sont désormais placés face à un dilemme :
Devront-ils se résigner à disparaître avec le PDG ou s’ériger en indépendants pour survivre politiquement ?
La branche menée par Blaise Louembe et Angélique Ngoma, longtemps fidèle au tronc central du PDG, pourrait bien être l’agneau sacrifié sur l’autel des nouvelles ambitions politiques. Alors que le discours officiel promet l’unité, les faits tracent une autre réalité : l’absence de stratégie claire du PDG et la mise en veille de candidatures phares semblent être les prémices d’une manœuvre pour les neutraliser.
Comme un filet de pêche qui se referme lentement, cette branche pourrait découvrir trop tard qu’elle a été utilisée pour calmer les eaux internes sans jamais avoir eu l’intention de la laisser voguer librement.
Paradoxalement, Ali Akbar Onanga, en ne présentant aucun candidat sous l’étiquette PDG, semble ouvrir un large boulevard à l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB). Un calcul machiavélien ou un simple retrait stratégique ?
Quoi qu’il en soit, l’ombre d’une manœuvre plane : laisser mourir le PDG de sa propre inertie pour que l’UDB s’impose naturellement comme l’alternative. Cette tactique rappelle une vieille maxime politique : “Quand ton rival se noie, tends-lui une corde… avec un nœud.”
L’histoire politique gabonaise est un miroir où se reflète souvent le présent.
Pierre-André Kombila avait défié Paul Mba Abessolo pour la légitimité des Bûcherons.
Plus tard, Michel Menga M’Essone avait contesté Alexandre Barro Chambrier pour la paternité des Démocrates.
Dans ces deux épisodes, c’est celui que l’on pensait politiquement plus faible qui a triomphé devant la justice. Aujourd’hui, ce scénario semble rejoué, avec un PDG fragile face à des challengers plus visibles médiatiquement mais juridiquement vulnérables. Comme une vieille pièce de théâtre rejouée avec de nouveaux acteurs, le public connaît déjà l’issue probable.
Pour les militants PDG, c’est un sentiment d’abandon et une possible migration vers l’indépendance ou l’UDB.
Pour l’équilibre politique, c’est la disparition du PDG comme force électorale pourrait créer un vide idéologique, rapidement comblé par de nouveaux partis opportunistes.
Pour les institutions, c’est une répétition des tensions judiciaires autour de la légitimité des héritiers politiques.
Le PDG, tel un vieux navire, prend l’eau de toutes parts. Blaise Louembe et Angélique Ngoma sont comme des capitaines enfermés dans la cale, attendant qu’on leur ouvre l’écoutille. Mais le navire est déjà attiré par un autre port – celui de l’UDB – où des bâtisseurs posent des pierres neuves. Et dans cette mer politique, l’histoire nous a appris qu’un petit canot (Kombila, Menga) finit souvent par renverser le paquebot (Mba Abessolo, Alexandre Barro Chambrier).
Blaise Louembe, Angélique Ngoma et leurs compagnons oseront-ils quitter la cale et naviguer en indépendants, ou couleront-ils avec le PDG dans la tempête de 2025 ?
Par Darlyck Ornel Angwe



















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