Istanbul, Turquie, l’espoir d’une carrière internationale prometteuse s’est brutalement éteint pour les footballeurs gabonais Derrick Assoumou Obame et Ben Jorcy Kabinambele. Arrivés le 12 juillet dernier à Istanbul, en Turquie avec la perspective alléchante de convaincre le club promu en Super-Lig, Fatih Futbol Karagumruk, les deux internationaux ont vu leur aventure turque se terminer prématurément, non pas par manque de talent, mais semble-t-il par la faute d’une approche d’évaluation pour le moins singulière.
Le 14 juillet, lors de leur première séance d’essai, l’entraîneur Marcel Licka a pris une décision qui a laissé le manager des joueurs, Hugues Mvoule Nze, sidéré et indigné. Sans que les joueurs n’aient eu l’occasion de démontrer leurs qualités techniques ou tactiques lors d’un exercice collectif avec ballon, l’essai a été écourté. Le motif invoqué : un prétendu manque de préparation physique. Une explication qui soulève de sérieuses interrogations quant à la méthodologie employée.
Cette décision unilatérale a eu des conséquences immédiates et dramatiques. Ben Jorcy Kabinambele, déjà victime d’une blessure à la cuisse lors de cette séance atypique, a été contraint de rentrer au Gabon, son rêve turc brisé avant même d’avoir véritablement commencé. Derrick Assoumou Obame, quant à lui, meilleur joueur du National-Foot 1 la saison dernière, a dû chercher une autre porte de sortie, s’envolant pour l’Arménie dans l’espoir de trouver un club plus réceptif à ses talents.
Cet épisode de Turquie met en lumière un problème récurrent dans le parcours des footballeurs africains cherchant à percer sur la scène internationale : la vulnérabilité face à des systèmes d’évaluation qui ne tiennent pas toujours compte de la singularité des profils ou qui privilégient des critères subjectifs et rapides. L’intervention du manager Hugues Mvoule Nze, dénonçant le manque de professionnalisme de l’entraîneur, est un cri d’alarme. Il est impératif que les clubs européens adoptent des processus d’évaluation plus transparents et équitables, permettant aux talents comme ceux de Derrick et Ben de s’exprimer pleinement, et non d’être jugés sur une seule séance d’exercices physiques, sans même avoir eu la chance de montrer ce dont ils sont réellement capables avec un ballon. L’avenir du football gabonais dépendra aussi de la manière dont ses talents seront reconnus et accompagnés à l’étranger comme en Turquie.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi


























