Gabon, la deuxième édition de la caravane touristique du Gabon suscite un vif débat, notamment autour de son coût, perçu par une partie de l’opinion publique comme prohibitif. Interrogé sur le sujet, le ministre du Tourisme et du développement durable, Pascal Ogowet Siffon, a cherché à clarifier la situation, tout en défendant la pertinence de l’offre proposée. Sa justification, basée sur une comparaison avec un séjour touristique individuel, soulève néanmoins des questions quant à l’accessibilité réelle de cette initiative censée promouvoir le tourisme interne.
Le Ministre avance un argumentaire chiffré pour démontrer que le coût de la Caravane touristique du Gabon n’est pas excessif. En prenant l’exemple d’un Gabonais souhaitant visiter Lembamé de manière autonome, il détaille les dépenses : transport (5 000 FCFA), repas (10 000 FCFA par jour), hébergement (20 000 à 25 000 FCFA par nuit) et activité (5 000 FCFA). Au total, un séjour individuel de ce type coûterait environ 60 000 FCFA par jour. Le ministre souligne ensuite que l’offre de la caravane touristique, qui inclut le transport, la restauration, l’hébergement et les activités, ne prend aucune marge sur ces prestations. Il reconnaît toutefois que les prix annoncés peuvent sembler « énormes », mais insiste sur le caractère « pension complète » de la formule.
Si la démarche du ministre de vouloir contextualiser le coût est louable, son argumentation présente néanmoins des failles et soulève un angle critique. Premièrement, la comparaison avec un séjour individuel, bien que pertinente pour illustrer une partie des coûts, ne prend pas entièrement en compte la spécificité d’une « caravane » organisée. L’intérêt d’une telle initiative devrait résider, entre autres, dans la mutualisation des coûts pour rendre le tourisme plus accessible. Or, en présentant le tarif comme étant simplement l’addition des coûts individuels sans marge, le Ministre semble occulter le potentiel d’économies d’échelle qu’une organisation de masse devrait permettre.
Deuxièmement, l’annonce d’une « offre spéciale pour le Gabonais lambda » à venir, à condition qu’il « respecte notre circuit, surtout les conditions qui vont avec », sonne comme une reconnaissance implicite que l’offre actuelle n’est pas adaptée à toutes les bourses. Cette conditionnalité, bien que compréhensible dans une logique de gestion, risque de créer une fracture entre ceux qui peuvent se permettre de suivre le circuit proposé et ceux qui, malgré leur désir de découvrir le pays, en seront exclus. La vocation première d’une caravane touristique, surtout dans un contexte de promotion du tourisme interne, devrait être l’inclusion et la démocratisation de l’accès aux sites touristiques nationaux.
Si le Ministre Pascal Ogowet Siffon tente de rassurer sur la transparence des coûts de la Caravane Touristique, son discours met en lumière un défi majeur : rendre le tourisme au Gabon réellement accessible au plus grand nombre. La promesse d’une offre spéciale est attendue, mais il est crucial que cette dernière réponde véritablement aux attentes du « Gabonais lambda » et ne se limite pas à une simple adaptation marginale, afin que la Caravane Touristique du Gabon puisse remplir pleinement sa mission de promotion du patrimoine national.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi, journaliste stagiaire

























