Le constat est sans appel et, pour les observateurs attentifs du football gabonais, douloureux. En 2025, le championnat national gabonais de division 1, baptisé « National Foot 1 », voit son classement africain dégringoler, se situant désormais entre la 25e et la 30e place selon les estimations croisées de TeamForm et de l’IFFHS. Cette chute, loin d’être anodine, place la ligue gabonaise derrière des nations dont le football, jusqu’à récemment, était considéré comme moins développé, à l’instar du Soudan, de la Tanzanie ou encore de la Mauritanie. Il y a à peine un an, en 2024, le Gabon occupait la 22e position. Cette perte de quelques places en si peu de temps révèle une fragilité structurelle et un manque criant de compétitivité sur la scène continentale.
Cette régression du championnat gabonais de Foot 1 n’est pas le fruit du hasard, mais la conséquence directe de maux profonds qui rongent notre football depuis trop longtemps. Le premier coupable identifié est le manque criant de compétitivité internationale. L’absence quasi systématique des clubs gabonais dans les phases avancées des compétitions de la CAF (Confédération Africaine de Football) est un symptôme alarmant de cette faiblesse. Comment espérer figurer parmi l’élite africaine lorsque nos représentants ne parviennent pas à rivaliser avec leurs homologues, même ceux issus de ligues réputées moins puissantes ? Cette absence de performance sur la scène continentale se traduit inévitablement par une perte de points précieux dans les classements officiels, et par extension, par une dévalorisation de notre championnat national de foot 1.
Derrière cette absence sur la scène africaine se cachent des problèmes structurels bien plus fondamentaux. Le manque de financement est sans doute le plus criant. Les clubs luttent pour attirer des sponsors, les budgets sont maigres, et les infrastructures, souvent vétustes, ne permettent pas une préparation optimale des joueurs. Cette précarité financière engendre une fuite des talents vers des championnats étrangers plus rémunérateurs, privant ainsi le championnat national de ses meilleurs éléments et affaiblissant encore davantage le niveau de jeu.
De plus, la gouvernance des clubs et de la fédération elle-même est souvent pointée du doigt pour son instabilité, rendant difficile la mise en place de stratégies à long terme et d’une vision claire pour le développement du football.
Face à cette situation alarmante, il est impératif de se poser la question : que faudrait-il améliorer pour redorer le blason du championnat gabonais ? Les pistes d’action sont multiples et nécessitent une volonté politique forte et un engagement concerté de tous les acteurs. Premièrement, une refonte du système de financement est essentielle. Cela pourrait passer par des partenariats publics-privés plus solides, des incitations fiscales pour les entreprises investissant dans le sport, et une meilleure gestion des droits télévisuels et marketing. Deuxièmement, il faut impérativement rehausser le niveau de compétitivité. Cela implique un renforcement des effectifs des clubs par des recrutements intelligents, une amélioration des centres de formation pour produire des talents locaux, et une stratégie claire pour permettre aux clubs gabonais de se qualifier et de performer en compétitions africaines.
Enfin, une stabilité structurelle et une gouvernance transparente au sein de la fédération et des clubs sont cruciales pour bâtir un avenir solide. Sans une remise en question profonde et des actions concrètes, le championnat gabonais de foot 1 risque de continuer sa trajectoire descendante, loin des projecteurs et de la reconnaissance qu’il mérite.
Par Yann Yorick Manfoumbi Manfoumbi, journaliste stagiaire

























