Dans une tribune publiée récemment, Steeve Yondzi, président du Cercle de Réflexion et d’Afrique dignité (CRAD), a livré une analyse acérée sur la dernière note d’orientation rendue publique par l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB). Une note qui, selon lui, « soulève autant d’interrogations qu’elle n’apporte de certitudes ».
Dès les premières lignes, le document rappelle la philosophie politique du parti, mais c’est à la page 2 que les choses se corsent : les critères de candidature y sont détaillés, exposant un processus de sélection particulièrement rigoureux. « L’UDB met en place un double contrôle pour être candidat », souligne Steeve Yondzi. Le premier niveau repose sur la conscience individuelle du prétendant, tandis que le second est confié à une commission non permanente d’examen des candidatures. Mais cela ne s’arrête pas là : « On peut raisonnablement envisager un troisième niveau, exercé par les hauts responsables du parti eux-mêmes », affirme-t-il.
Dans cette logique, les investitures au sein de l’UDB ne seront pas une sinécure. « Cette difficulté est renforcée par l’ensemble des critères, qui n’ont pas un caractère alternatif mais cumulatif », précise Yondzi. En d’autres termes, chaque candidat devra remplir tous les critères sans exception. « Ne pas remplir un seul critère, c’est pécher contre l’ensemble des critères », ironise-t-il, reprenant une image empruntée au monde ecclésiastique.
Parmi ces exigences, un critère en particulier retient l’attention : celui de la probité morale, placé en dernier mais loin d’être anodin. « Ce critère est si lourd qu’il pourrait à lui seul éliminer 30 % des nouveaux adhérents, notamment ceux venus du Parti Démocratique Gabonais ou d’autres formations », avertit Steeve Yondzi. Il évoque des profils controversés, dont certains se seraient illustrés par une gestion douteuse des deniers publics, voire par l’accaparement de biens de l’État. « Une ouverture des placards ferait découvrir de nombreux cadavres en état de décomposition », lance-t-il, dans une formule choc.
Pour Yondzi, cette rigueur affichée pourrait bien se heurter aux réalités politiques internes du parti. « L’UDB, au regard des enjeux intra-muros, franchira-t-il le pas pour mettre en exergue tout ce qu’il énumère dans sa note d’orientation ? » s’interroge-t-il. Une question à laquelle il ne s’aventure pas à répondre. « Bien malin est celui qui donnera avant date une réponse à cette question », conclut-il, tout en suggérant une posture d’attente prudente : Wait and see.
En somme, l’UDB affiche une volonté claire de renouvellement éthique et politique, mais sa capacité à faire respecter des critères aussi stricts dans un contexte électoral souvent marqué par des compromis soulève déjà le scepticisme. La crédibilité du parti en sortira-t-elle renforcée ou affaiblie ? Le temps nous le dira.










































