Les bras de mer qui serpentent entre les mangroves de Libreville ne sont plus de simples merveilles naturelles. Pour le ministre Mays Mouissi, ils représentent désormais une faille dans la sécurité nationale : une porte d’entrée clandestine pour des migrants acheminés par des réseaux bien organisés.
Ces voies fluviales abritent une filière de trafic humain, où des embarcations motorisées débarquent de nuit, loin des regards. Le relief côtier et l’étalement urbain anarchique offrent un couvert parfait à ces opérations souterraines.
Face à cette situation, une stratégie controversée a été enclenchée : la destruction des habitations illégales en bordure de mangrove. Ces quartiers informels, souvent ignorés des plans d’urbanisme, serviraient de points de transit et de refuge pour les clandestins. Leur démolition permettrait de :
Réduire les zones d’ombre exploitées par les passeurs ;
Faciliter le contrôle visuel et logistique des bras de mer ;
Restaurer les écosystèmes perturbés par l’occupation humaine.
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Mais cette réponse soulève des inquiétudes. Plusieurs familles, déjà précaires, se retrouvent délogées sans solution durable. Une telle approche peut glisser vers une politique de rejet, où la lutte contre l’immigration illégale se confond avec la stigmatisation des riverains.
Le dossier des bras de mer appelle une réponse intégrée, où la sécurité ne doit pas étouffer la justice sociale ni sacrifier l’environnement. Car si les mangroves peuvent dissimuler des embarcations clandestines, elles sont aussi le dernier refuge de populations oubliées par les plans politiques. Libreville joue ici une partition complexe, entre devoir de protection, exigence de dignité, et urgence écologique. Il est aujourd’hui nécessaire de faire plus attention à la fréquentation de ces lieux.

























