C’est d’un ton grave, au timbre d’ultime rupture, que Paul Biyoghé Mba a tiré sa révérence ce 23 mai 2025 au sein du Parti démocratique gabonais (PDG). Dans une salle polyvalente de Bikélé emplie de partisans suspendus à ses mots, l’ancien Vice-président du parti au pouvoir a prononcé la formule qui sonne comme un couperet : « J’ai décidé de démissionner du Parti démocratique gabonais. » Ainsi, le rideau tombe sur une longue fidélité politique, en une phrase limpide et sans détour.
Ce geste, loin d’être une simple formalité, s’apparente à un acte de foi envers une ambition nouvelle. Refusant la duplicité et le confort d’un engagement tiède, Paul Biyoghé Mba tranche : « Je ne peux pas jouer dans deux équipes en même temps. » Cette image sportive, à la clarté pédagogique, illustre la nécessité d’un repositionnement stratégique. Il affirme vouloir consacrer « ses capacités physiques et ses ressources » à l’édification d’une structure politique émergente, ouverte et ambitieuse.
Il s’agit là d’un nouveau rivage, vers lequel voguent déjà d’autres acteurs de la vie politique gabonaise, mus par la volonté d’insuffler un souffle neuf à la gouvernance nationale. Le Duc de Bikélé, surnom que lui confèrent ses proches, se projette désormais dans une action collective aux accents républicains : « Mettre les bras ensemble, dans un esprit d’inclusivité, tel que prôné par le Chef de l’État, c’est dans cette nouvelle perspective que j’inscris désormais mon action politique. » Par cette déclaration, il lie sa démarche à l’élan de refondation nationale.
Quant à ses rapports avec le PDG, le ton se fait plus personnel, presque nostalgique. « J’y laisse beaucoup d’amis », confie-t-il avec une émotion contenue. Et de marquer, avec noblesse et loyauté : « L’ingratitude ne me connaît pas. Je ne suis pas, et je ne serai jamais de ceux qui vilipendent la soupe qui les a nourris. » Une pirouette d’honneur pour clore un chapitre, sans renier les pages écrites.


























