Le 16 mai dernier, un avion privé affrété par l’Angola décollait discrètement de Libreville. À son bord, « trois personnalités politiques, et non des moindres » : Ali Bongo Ondimba, son épouse Sylvia et leur fils Noureddin, selon Jeune Afrique. Leur départ, orchestré dans la plus grande discrétion, marque une étape inattendue dans le feuilleton post-putsch gabonais.
Cette évacuation médicale, présentée comme « provisoire » par les autorités judiciaires gabonaises, s’inscrit dans une intense séquence de tractations. « Cette libération est le fruit de longs efforts tant sur le plan judiciaire que diplomatique », affirme François Zimeray, avocat de la famille. Leur état de santé, jugé « incompatible avec le milieu carcéral », a été déterminant dans la décision d’élargissement.
Dans l’ombre, des chefs d’État africains ont œuvré en faveur de la famille déchue. João Lourenço, président angolais et alors président en exercice de l’Union africaine, a personnellement mené les négociations. « Le sort de l’ancien président et de ses proches avait été discuté […] dans le cadre des échanges entre l’UA et le Gabon sur la levée de la suspension du pays », précise Jeune Afrique. La médiation de Denis Sassou Nguesso, Paul Biya et Faustin-Archange Touadéra a également pesé.
L’ancien président, en résidence surveillée depuis août 2023, refusait de quitter le pays sans les siens. Sylvia et Noureddin, détenus depuis près de vingt mois, n’ont vu leur liberté conditionnelle actée qu’à la faveur de leur fragilité physique. Tous trois ont été accueillis à Luanda avant de poursuivre vers une destination inconnue.
Mais le dossier judiciaire demeure. Noureddin Bongo est accusé de « haute trahison », « détournement massif des deniers publics » et « trafic de stupéfiants », tandis que Sylvia fait l’objet d’une mise en examen pour blanchiment et faux. « Cette mise en liberté provisoire n’interrompt nullement le cours normal de la procédure », a rappelé le procureur général Eddy Minang.
En parallèle, en France, une plainte a été déposée pour « détention arbitraire et torture ». Le dossier reste explosif, à Libreville comme à l’international.









































