Le Gabon, deuxième producteur mondial de manganèse derrière l’Afrique du Sud, détient plus de 61 millions de tonnes de ce minerai stratégique. Une position dominante qui devrait être synonyme de prospérité pour les Gabonais. Pourtant, derrière ces chiffres flatteurs, une réalité amère persiste : cette manne minière profite davantage aux multinationales qu’à la population.
L’exploitation repose principalement sur la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), filiale du groupe français Eramet. Son extraction à grande échelle du minerai de manganèse alimente les industries mondiales, notamment la sidérurgie et la transition énergétique via les batteries électriques. Cependant, les retombées économiques tangibles pour les Gabonais restent marginales, et la question d’une exploitation véritablement souveraine se pose avec acuité.
À Moanda, capitale minière du Haut-Ogooué, les infrastructures restent insuffisantes et les conditions de vie ne reflètent en rien l’immense richesse qui transite par la ville. Les bénéfices générés s’évaporent vers l’étranger tandis que les travailleurs locaux peinent à tirer profit de cette activité.
Le principal obstacle reste le manque de valorisation locale du manganèse. Au lieu d’être transformé sur place pour générer des emplois et une valeur ajoutée, il est exporté brut, privant le Gabon d’un levier économique essentiel. Cette dépendance aux multinationales et l’absence d’une politique claire de redistribution alimente un sentiment d’injustice parmi les citoyens.
Pour que le manganèse devienne un véritable moteur de développement national, il est impératif de :
– Renégocier les accords miniers afin qu’ils bénéficient réellement aux Gabonais.
– Encourager la transformation locale pour dynamiser l’industrie et l’emploi.
– Garantir une gestion transparente des revenus miniers et investir massivement dans les infrastructures locales.
Les ressources naturelles ne doivent plus être une simple source de statistiques flatteuses. Elles doivent impacter concrètement le quotidien des citoyens et affirmer la souveraineté économique du Gabon.
Le pays a tout pour transformer son potentiel en prospérité réelle. Mais il doit cesser d’être un acteur passif dans l’exploitation de son propre sol. Il est temps que chaque Gabonais voie dans cette richesse une amélioration de sa qualité de vie, et non une promesse sans lendemain.

























