Investiture de 2025- Loin de toutes agitations émotives d’organes et après le passage du vacarme de certains incultes criant à corps et à cris, il m’a semblé bon, en ma qualité de sociologue et chrétien, de me prononcer non pas pour polémiquer davantage, mais dans une démarche pédagogique.
Cf. Luc 1:3 : « Il m’a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer… »
De la définition des termes
Henri Moniot (1965), dans Histoire et tradition africaines, définit : Le traditionnel / la tradition : « Ensemble de notions relatives au passé, transmises de génération en génération. Autrement dit, c’est une manière de penser, de faire ou d’agir, qui est un héritage du passé fondé sur la tradition […] »
Ainsi, le traditionnel renvoie à ce qui est conventionnel, coutumier, orthodoxe, rituel, etc.
Mary André (1999), dans Le Défi du syncrétisme, explique : Le syncrétisme est un « phénomène d’emprunts classiques, correspondant à l’échange de bons procédés entre ethnies voisines », et il se nourrit « de l’homologie de structure des systèmes initiatiques en présence ».
Mais l’approche de Wilbur O’Donovan (1998), Christianisme biblique en Afrique, m’inspire pour notre cas d’espèce.
Il définit le syncrétisme comme « la pratique de mélange de deux religions ou plus avec les croyances ancestrales ».
De l’observation globale du rituel
Le monde des esprits est un monde codifié, où presque tout appartient à un ordre, et chaque ordre à des dépositaires.
Investiture de 2023
Le rituel du porc-épic effectué par les pygmées à l’investiture de 2023 appartient à un ordre : l’Ordre du Porc-Épic, un ordre de chevalerie institué par Louis de France, duc d’Orléans, en 1394. Mais au Gabon, les Baka en sont les dépositaires. Il y avait alors un lien légitime.
Investiture de 2025
Ici, on assiste à une confusion des genres :
Langage emprunté aux codes politiques avec osouuuu, ngàa, oyeee, moulolo, mêlés aux codes chrétiens : « Recevez l’onction », « Quiconque vous attaque croisera le Dieu du Gabon », des versets paraphrasés…
Artifices : codes bwitistes (torche indigène, liboga) : on se croirait dans un film Chaka Zulu. Illustration avec lance, peau sur les épaules… À ce rythme, on pourrait y ajouter bouclier, masque, et on aurait un Chaka Zulu des temps modernes.
Mais sérieusement, de quel ordre est dépositaire l’officiant ? Peut-on avoir un savoir prolixe d’un univers et pour autant avoir la légitimité du rituel ? Qui lui a conféré ce pouvoir pour officier un tel acte d’État devant un si grand parterre d’invités ?
Plus qu’un rituel : un beau folklore
Arnold Van Gennep (1924), dans Le Folklore, définit celui-ci comme « un ensemble des arts et traditions populaires […] qui, par mimique, est un faible et terne reflet de la réalité mystique ».
Autrement dit, le folklore est un divertissement de nos us et coutumes, mais sans essence, c’est-à-dire sans entités. Ce que nous avons vu à l’investiture est donc un folklore aux allures spectaculaires, mais dénué de profondeur rituelle authentique.
Le Chef de l’État n’a pas le monopole du savoir sur ces choses, même s’il peut en être friand. Il serait judicieux que les hommes de l’ombre cessent de l’induire en erreur. À force de vouloir trop verser dans l’impressionnisme, on frise le ridicule.
Enfin, tous ces pasteurs qui gesticulent sur les réseaux sociaux en auto-flagellant le corps de Christ, veuillez compléter votre formation avec Christianisme biblique en Afrique. Vous gagnerez en sagesse et discernement pour percevoir que ce qui a été fait est nul et sans effet.
Que Dieu bénisse son Église,
Que Dieu bénisse la Nation gabonaise,
Que Dieu bénisse notre Président de la République dans son merveilleux mandat de sept ans,
Que Dieu bénisse le peuple gabonais.
Rev. Prophète Max Alexandre Ngoua
Sociologue – Commandeur de l’Ordre national du Mérite – Aumônier international et Juge de Paix


























