Depuis la démission, ce 4 mai 2025, du gouvernement de Transition conduit par Raymond Ndong Sima, conséquence directe de la prestation de serment du président Brice Clotaire Oligui Nguema la veille au Stade de l’amitié sino-gabonaise d’Agondjé, le Gabon vit suspendu aux lèvres d’un homme : Guy Rossatanga-Rignault.
Tel un oracle que l’on scrute dans le silence de l’aube, le secrétaire général de la présidence détient désormais le secret du futur immédiat. Son silence est un murmure assourdissant, une attente qui serpente dans les rues, les bureaux, les salons et jusque dans les lieux de culte. Qui prononcera-t-il vice-président de la République ? Qui désignera-t-il comme vice-président du gouvernement suite au choix du président de la République ? Nul ne sait. Mais tous espèrent.
Les cœurs battent à l’unisson d’une attente fébrile. Certains, dit-on, ont multiplié les veillées de prière, d’autres les rites initiatiques, espérant faire pencher la balance mystique du destin en leur faveur. Car le moment est solennel, presque sacré. Le futur gouvernement ne sera pas seulement une équipe administrative : il incarnera la transition d’une nation vers une nouvelle ère démocratique.
Guy Rossatanga-Rignault, maître du calendrier présidentiel, devient l’aiguilleur du destin collectif. Dans cette longue patience imposée par les arcanes du pouvoir, les prétendants au gouvernement avancent à tâtons, entre foi et spéculation. Le moindre signe, le plus discret déplacement est interprété comme un présage.
Et tandis que le peuple s’impatiente, que les spéculations se multiplient, l’homme reste muet, majestueusement impénétrable. C’est là, sans doute, le poids de sa fonction : incarner le temps suspendu, tenir en haleine toute une République.
Car peu importe le casting final, peu importent les sortants, les revenants ou les nouveaux venus, c’est bien lui que les Gabonais attendent. Non pour gouverner, mais pour désigner. Il n’est pas le président, mais il en est le verbe. Et dans ce silence habité, c’est l’avenir qui se prépare, à bas bruit.
Guy Rossatanga-Rignault, par sa seule prise de parole, deviendra l’architecte du commencement.
Par Roland OLOUBA OYABI, Directeur de Publication de Gabon Mail infos, diplômé de l’École supérieure de Journalisme de Lille et de l’Université de Lille puis diplômé en Management des organisations de l’Université de Johannesburg


























