Dans le fracas discret des grandes mutations, une figure familière refait surface sur l’échiquier politique de la capitale gabonaise. Adrien Nguema Mba, ancien ministre du Travail et de la Lutte contre le chômage, est désormais investi des rênes de la commune de Libreville. Par décret du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), il succède au Général de brigade Judes Ibrahim Rapontchombo, à la veille d’un tournant politique majeur : l’investiture du président démocratiquement élu, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Tel un fils prodigue retournant aux origines de son engagement, Adrien Nguema Mba retrouve les murs familiers de l’hôtel de ville, cette maison commune qu’il connaît intimement pour y avoir jadis exercé en tant que troisième adjoint au maire et secrétaire général. Son retour ne relève pas du hasard mais d’un destin politique mûrement écrit, au moment où s’achève l’intermède militaire du CTRI et s’ouvre l’ère républicaine.
Le communiqué n°072, lu par le Colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, annonce une série de nominations d’importance, mais c’est bien celle d’Adrien Nguema Mba qui capte l’attention. Le départ du général Rapontchombo, en poste depuis septembre 2023 après le coup d’État du 30 août, marque la fin d’un cycle. Le relais est désormais passé à un civil, en symbole de normalisation institutionnelle.
Libreville, cité en quête de renouveau, attend de son nouveau délégué spécial qu’il impulse une dynamique forte dans la gestion urbaine, notamment en matière d’assainissement et de propreté. Le défi est de taille, mais le ton est donné : il s’agit non seulement de gouverner, mais de réconcilier la ville avec elle-même.
En ce 3 mai, date de l’investiture au stade d’Agondjé, la nomination d’Adrien Nguema Mba résonne comme un acte politique fort. Il revient non comme un suppléant, mais comme un homme d’expérience, un bâtisseur appelé à panser les failles et réanimer l’espoir dans la capitale.


























