Dans une lettre datée du 18 avril 2025, adressée au président de la République, le général Brice Clotaire Oligui Nguéma, et devenue virale sur les réseaux sociaux ces dernières 24 heures, les chefs de canton, représentants des huit tribus et membres de la société civile du département de Basse-Banio (Mayumba), « territoire » de Syrelle Zora Kassa, appellent à une réorientation significative dans la composition actuelle du gouvernement. Ils réclament avec insistance la désignation d’un(e) « vrai(e) autochtone » pour représenter leur territoire au sommet de l’État.
Ce plaidoyer sous-entend, de manière implicite mais transparente, une remise en question de la légitimité de l’actuelle ministre de la Pêche et de la Mer, Madame Syrelle Zora Kassa, dont les origines sont jugées « douteuses » par les signataires. Ces derniers, conduits par la cheffe de canton Massinga Joséphine, dénoncent ce qu’ils qualifient d’« usurpation » d’une représentation légitime au profit d’une personnalité dont l’enracinement local est contesté.
Ils reprochent notamment à Madame Kassa des origines maternelles jugées obscures, l’absence d’appartenance déclarée à l’une des huit tribus traditionnelles de Mayumba, son incapacité à s’exprimer dans les langues vernaculaires de la région, et un éloignement manifeste des réalités tribales. Autant d’éléments qui, selon eux, l’empêchent d’incarner valablement les intérêts culturels et identitaires de la communauté locale.
S’appuyant sur la Constitution récemment promulguée qui valorise le lien aux valeurs ancestrales et à la tradition, les chefs coutumiers plaident pour qu’un représentant ayant des attaches paternelles et maternelles avérées avec Mayumba soit nommé. Ils souhaitent une personne à même de comprendre les us et coutumes, de dialoguer dans au moins l’une des trois langues locales et de se montrer véritablement proche des préoccupations des populations.
Le ton de la lettre reste respectueux mais empreint de fermeté. Les signataires alertent sur les risques que fait peser cette nomination contestée sur la cohésion sociale et sur l’adhésion des communautés locales aux projets d’envergure annoncés pour le département, dont le port en eau profonde et la ligne ferroviaire Belinga-Boué-Mayumba.
Cependant, cette contestation locale entre en contradiction avec un article publié par Jeune Afrique dans son édition du 29 avril 2025. Le magazine panafricain y met en lumière le rôle joué par plusieurs jeunes femmes dans la campagne électorale du président Oligui Nguéma, parmi lesquelles figure Madame Syrelle Zora Kassa et sa sœur jumelle, Nora Kassa, saluées comme des filles du terroir. Elles y sont mentionnées aux côtés de Joanna Boussamba et Elza Ritchuelle Boukandou, respectivement originaires d’Okondja et de Ndendé.
Face à cela, les notables des trois tribus principales de Mayumba persistent : selon eux, Madame Kassa ne peut être considérée comme issue de leur région. « Le chef continuera-t-il avec elles ? », interroge un sociologue, avec gravité.
In fine, ils réaffirment leur loyauté au président de la République et l’exhortent à entendre leur requête, dans l’espoir d’assurer « l’essor vers la félicité » des communautés locales en quête d’une représentation authentique.


























