Sous les lourdes tentures du tribunal de Première instance de Libreville, la bataille tant attendue a éclaté le 24 avril dernier, opposant Michel Ongoundou Loundah à ses anciens compagnons d’armes de Réagir, François Ndong Obiang et Persis Lionel Essono Ondo. La scène judiciaire, tel un théâtre d’affrontements politiques, voit désormais ces deux figures jadis unies, acculées dos au mur, lutter pour leur survie.
Accusés de falsification de cachets, de faux et usage de faux, Ndong Obiang et Essono Ondo sont appelés à répondre de manœuvres obscures visant à usurper la direction du parti REAGIR (Réappropriation du Gabon, de son Indépendance, pour sa Reconstruction). Jadis artisans de l’éviction politique de Michel Ongoundou Loundah, ils se retrouvent aujourd’hui sur le banc des accusés, rattrapés par l’ombre vengeresse de leur ancien allié.
La guerre fratricide, allumée sous les feux du congrès factieux, éclata lorsque, unis encore, ils empêchèrent Ongoundou Loundah d’aspirer à la magistrature suprême en obtenant l’invalidation de sa candidature auprès de la CNOCER. Cependant, les liens tissés dans la défiance se sont rapidement consumés dans les flammes de l’ambition, précipitant une rupture brutale entre les conjurés.
Dans l’arène judiciaire, François Ndong Obiang s’est réfugié derrière le bouclier de son immunité parlementaire, ultime rempart contre l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de lui. Mais ce subterfuge est déjà contesté par la branche légitimiste de REAGIR et le Ministère public, exigeant sa levée. La décision du 8 mai s’annonce comme un couperet prêt à tomber.
Quant à Persis Lionel Essono Ondo, désormais capitaine de son propre navire avec la création de Destinée Républicaine, il a sollicité un délai pour affûter ses armes juridiques. Son procès, renvoyé au 22 mai, s’annonce périlleux.
Ainsi, dans cette bataille où alliances et trahisons s’entrelacent comme dans une tragédie antique, Michel Ongoundou Loundah semble prêt à reprendre le flambeau de REAGIR. Le mois de mai, aux allures de champ décisif, décidera du sort des protagonistes et de l’avenir d’un parti écartelé entre ambitions et trahisons.

























